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Moyen Orient et Monde - Yémen

Sous pression de l’opposition, Saleh lâche du lest

« Je suis contre un renouvellement de mon mandat et contre la transmission héréditaire du pouvoir. » Au pouvoir depuis 32 ans, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a multiplié les concessions hier devant le Parlement convoqué pour une réunion extraordinaire. Pas suffisant toutefois pour l’opposition, qui a maintenu son appel à manifester aujourd’hui.
Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a annoncé hier qu'il renonce à briguer un nouveau mandat tout en promettant de faire des concessions à l'opposition, sous la pression de la rue influencée par les exemples tunisien et égyptien. « Je suis contre un renouvellement de mon mandat et contre la transmission héréditaire du pouvoir », a déclaré M. Saleh devant le Parlement qu'il avait convoqué pour une réunion extraordinaire. « Je ne vais pas faire preuve d'orgueil et je vais présenter les concessions l'une après l'autre dans l'intérêt national », a encore déclaré le président dans ce discours au ton extrêmement conciliant. Le chef de l'État a, en outre, annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril et dont la tenue en l'absence d'une réforme politique était contestée par l'opposition. M. Saleh a précisé qu'il avait décidé le « gel des amendements constitutionnels dans l'intérêt national ». Les députés devaient examiner le 1er mars une révision constitutionnelle proposée par les parlementaires du Congrès populaire général (CPG, au pouvoir) susceptible d'ouvrir la voie à une élection à vie du président. Un amendement visait à supprimer la limitation à deux du nombre des mandats consécutifs du président.
M. Saleh a enfin appelé l'opposition à « geler les manifestations » et à reprendre le dialogue avec le CPG.  Mais l'opposition, dont les députés ont boycotté la séance parlementaire d'hier, a maintenu son appel à des manifestations aujourd'hui. Un responsable du « Forum commun », une coalition des partis d'opposition, Mohammad al-Sabri, a estimé que « l'appel du président à geler les manifestations est inacceptable ». Des milliers de Yéménites avaient déjà manifesté jeudi dernier à Sanaa à l'appel de l'opposition pour réclamer le départ du chef de l'État. Le CPG avait organisé le même jour une contre-manifestation et a annoncé son intention de mobiliser à nouveau ses militants aujourd'hui.
Au pouvoir depuis 1978, M. Saleh a été élu pour la première fois en 1999 au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans. Il a été réélu pour la deuxième fois en 2006 pour un mandat qui arrive à expiration en 2013. Le chef de l'État a déjà multiplié les mesures sociales et économiques, dont une augmentation des salaires, face à la montée de la grogne populaire dans ce pays pauvre de 24 millions d'habitants. Il avait ainsi annoncé lundi la création d'un fonds pour l'emploi des diplômés de l'université et l'extension de la couverture sociale à un demi-million de personnes, ainsi qu'une réduction de l'impôt sur le revenu. Quatre tentatives d'immolation par le feu, dont un cas mortel le 20 janvier, ont été signalées au Yémen, à l'instar d'un acte similaire d'un jeune homme en Tunisie, à l'origine de la révolte qui a conduit à la chute du président Zine el- Abidine Ben Ali le 14 janvier.

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a annoncé hier qu'il renonce à briguer un nouveau mandat tout en promettant de faire des concessions à l'opposition, sous la pression de la rue influencée par les exemples tunisien et égyptien. « Je suis contre un renouvellement de mon mandat et contre la transmission héréditaire du pouvoir », a déclaré M. Saleh devant le Parlement qu'il avait convoqué pour une réunion extraordinaire. « Je ne vais pas faire preuve d'orgueil et je vais présenter les concessions l'une après l'autre dans l'intérêt national », a encore déclaré le président dans ce discours au ton extrêmement conciliant. Le chef de l'État a, en outre, annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril et dont la tenue en l'absence d'une réforme politique...
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