En dépit de sa troisième finale de grand chelem perdue ce week-end à Melbourne, l’Écossais Andy Murray ne se décourage pas et espère très bientot disputer une nouvelle finale pour qu’elle soit cette fois la bonne. Nicolas Asfouri/AFP
Fred Perry toujours le dernier gagnant britannique
Alors que cette finale était peut-être la plus accessible, le sujet de Sa Majesté indiquait bizarrement qu'il se sentait « mieux » après cette défaite qu'après les précédentes face à l'intouchable Federer (deux revers en trois sets également). « Cela va être dur quelques jours. Mais je vais continuer à travailler et essayer de m'améliorer encore », expliquait Murray en conférence de presse d'après-match. Chahuté par quelques supporters énervés pendant la finale, Murray sait très bien qu'il va aussi l'être par l'impitoyable presse anglaise qui attend toujours le successeur de Fred Perry, dernier Britannique à s'être imposé en tournoi du grand chelem. C'était en 1936 à l'US Open. Une éternité dans un pays qui a donné naissance au tennis moderne. « J'avais dit avant la finale que ça ne n'empêche pas de dormir. J'essaie de gagner, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas. J'aurais évidemment préféré en gagner une sur les trois. Tout ce que je peux dire, c'est que je travaille aussi dur que possible. Je prends le tennis très au sérieux. »
En retard sur ses aînés
Personne ne peut le contredire là-dessus. Brièvement n° 2 mondial en 2009, Murray a glané deux titres en Masters 1000 (Shanghai et Montréal) en 2010 et a disputé deux des 5 dernières finales de grand chelem. Mais à bientôt 24 ans, il doit désormais apprendre à gagner les tournois qui comptent, lui qui n'a finalement perdu que 9 finales sur les 25 qu'il a disputées. Un bilan très correct. Mais à son âge, Federer avait déjà gagné 8 majeurs. Nadal, d'un an son aîné, en a remporté 9. S'il n'a pas la prétention de détrôner les deux stars, Murray suscite toujours beaucoup d'attentes au vu de son potentiel qu'il tarde à confirmer par des trophées d'envergure. Cette pression, Murray a visiblement appris à vivre avec. « Je me sens bien mieux que l'an dernier. Je vais voir comment tourner la page. Peut-être que je vais faire une pause de quelques mois. Vous savez, j'aime ma vie loin du tennis. Je suis beaucoup plus heureux en dehors des courts. Je prends du bon temps. J'ai d'autres centres d'intérêt. »
Le soutien d'Henman
Les jeux vidéo en sont un, faire les courses avec sa petite amie Kim Sears aussi, pour le plus grand bonheur des paparazzis. Les Anglais, eux, attendent surtout de le voir faire la une avec un saladier dans les bras plutôt que des assiettes. Tim Henman, sous pression tous les ans à Wimbledon mais incapable de se hisser ne serait-ce qu'en finale en 15 ans de carrière, croit encore en Murray. « Sa défaite ne change pas mon opinion. Andy peut gagner un grand chelem, et j'espère que cela ne modifiera pas la sienne. Il a fait un tournoi fantastique, j'espère que les gens autour de lui continueront à le soutenir. » Vu la ferveur habituelle des Anglais, Murray n'a pas de souci à se faire. D'ailleurs, la célèbre Henman Hill (la colline de Henman) devrait encore faire le plein à Wimbledon pour suivre sur grand écran les performances de l'Écossais au All England Club l'été prochain. Avec le titre au bout ?


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