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Culture - Vient De Paraître

Chanel N° 5, aldéhyde de la culture américaine

« Toute biographie digne d'être écrite est le récit d'une ascension. » Celle d'une senteur française qui perdure est contée aujourd'hui par une plume américaine.

Des GI’s faisant la queue au 31, rue Cambon (1945).

Cette fois, Coco Chanel est appréhendée, à travers l'alchimie de son parfum célèbre entre tous, le N° 5, par une auteure américaine, Tilar Mazzeo. Pour elle, cette divine bouteille était un événement, tout autant qu'a été marquante sa créatrice dans l'univers de la mode. Elle lui consacre donc ce qu'elle appelle une «biographie non autorisée», intitulée Le secret du Chanel N° 5: l'histoire intime du parfum le plus célèbre du monde, et actuellement un best-seller. À noter que l'esthétique Chanel est la composante française la plus culturellement américaine. Témoin, à cet égard, une photo illustrant cet ouvrage et montrant des GI's qui, à la libération de Paris, en 1945, font la queue 31, rue Cambon, pour acheter et ramener chez eux le «N°5» de Chanel, vedette dès son apparition, en 1921. Prix actuel du 30 ml aux USA: 260 dollars.
L'intérêt continu pour cet élixir fétichiste parisien a poussé l'auteure à tenter d'entrer dans son intimité: depuis sa gestation jusqu'à sa réalisation et son succès mondial. Elle relate notamment le test mené par Coco Chanel, qui convie des amis à dîner à Cannes et vaporise l'atmosphère avec son parfum avant son lancement. Elle dira ensuite: «Toutes les femmes qui passaient par là s'arrêtaient et humaient.» On apprend aussi qu'une bouteille de 30 ml contient l'essence d'un millier de fleurs de jasmin et d'une douzaine de roses de Grasse, et d'une dose d'aldéhyde, la molécule synthétique (à la vague odeur d'orange), qui donnera à la composition sa touche spéciale. Et ce ne sont là que quelques-uns des 80 ingrédients du brassage final.

L'odeur du linge frais de l'orphelinat
Chanel voulait que le tout soit une concoction de ses réminiscences les plus frappantes: l'odeur du linge frais de l'orphelinat de son enfance, l'opulence et la sensualité de la courtisane qu'elle admirait, Émilienne d'Alençon, mais avant tout, cela «devait sentir propre». Après plusieurs essais dans les laboratoires, elle avait opté pour la cinquième mouture, d'où le nom du parfum.
Ce serait l'amant de Chanel, Dimitri Pavlovich (un cousin du tsar Nicolas II, exilé en France après avoir conspiré en vue de l'assassinat de Raspoutine), qui lui avait fait faire la connaissance du parfumeur Ernest Beaux. Ce dernier aurait modifié une formule pour une fragrance russe pour arriver au «N° 5». Ensuite, il y aura une bataille légale entre Chanel et les frères Pierre et Paul Wetheimer avec lesquels elle s'était associée. Ayant fui en Amérique en 1940, ils avaient produit le parfum outre-Atlantique après avoir réussi à se procurer jasmins et roses de France. Elle les poursuit en justice et qualifie de «monstrueuse» leur version, jusqu'à ce qu'ils lui proposent un accord : elle renonce à son affaire et ils lui assurent une rente annuelle substantielle, lui promettant de payer à vie toutes les factures qu'elle
souhaite.
Et le «N° 5» a continué à se propager à travers le monde. À noter que durant la Seconde Guerre mondiale, on l'avait vendu en modèle réduit, mettant ainsi cette icône de luxe à la portée du plus grand nombre. Par ailleurs, en le rapportant au pays, en 1945, les soldats et les nurses US avaient, en fait, infusé la célèbre aldéhyde à leur culture. Dans cet esprit, l'auteure de cet ouvrage a choisi d'illustrer la couverture par une peinture d'Andy Warhol représentant le flacon du parfum.
Cette fois, Coco Chanel est appréhendée, à travers l'alchimie de son parfum célèbre entre tous, le N° 5, par une auteure américaine, Tilar Mazzeo. Pour elle, cette divine bouteille était un événement, tout autant qu'a été marquante sa créatrice dans l'univers de la mode. Elle lui consacre donc ce qu'elle appelle une «biographie non autorisée», intitulée Le secret du Chanel N° 5: l'histoire intime du parfum le plus célèbre du monde, et actuellement un best-seller. À noter que l'esthétique Chanel est la composante française la plus culturellement américaine. Témoin, à cet égard, une photo illustrant cet ouvrage et montrant des GI's qui, à la libération de Paris, en 1945, font la queue 31, rue Cambon, pour acheter et ramener chez eux le «N°5» de Chanel, vedette dès son apparition, en 1921. Prix actuel du 30...
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