« J'ai prévenu à plusieurs reprises et essayé jusqu'au bout de faire en sorte que les initiatives syro-saoudienne puis turco-qatarie réussissent, mais les Américains ont tout fait capoter », a-t-il dit, assurant ne pas vouloir polémiquer avec Saad Hariri, « parce que cela n'est pas de bon aloi, il aurait pu mener à bien cette sortie de crise, mais sans doute n'a-t-il pas été aidé par les circonstances »... Interrogé sur les récents propos du Premier ministre sortant, qui avait dénoncé une « trahison » de ses anciens alliés, Walid Joumblatt a répondu : « Qu'il me pardonne, mais personne ne reste éternellement au même poste. Les termes qu'il a utilisés sont du ressort de l'affectif. Il est aujourd'hui out et sans doute demain sera-t-il in, cela n'est pas la fin du monde, mais le plus important est d'apprendre les leçons de la géopolitique », a-t-il recommandé, précisant que, dans ce cas, il s'agit de relations « privilégiées » avec la Syrie « sur la base de Taëf ». « Il ne sert à rien d'être reçu par Obama ou d'être encouragé par tel ou tel pays occidental ou arabe ; seule la géopolitique compte », a insisté le leader druze.
Rejetant catégoriquement et qualifiant de « folie politique » les propos selon lesquels Nagib Mikati serait le candidat du wilayet el-faqih, Walid Joumblatt a également récusé toute obédience iranienne du futur cabinet : « Le président Mikati a sa base sunnite et il est connu pour sa modération, il a ses alliés en Occident et dans le monde arabe », a-t-il jugé, relevant en outre que Saad Hariri, « qui est un symbole de modération, n'avait pas besoin de recourir à une journée de la colère dans les rues de cette façon. J'espère que nos divergences politiques ne vont pas dynamiter notre amitié personnelle », a-t-il tenu à ajouter, jugeant sans le nommer que le chef du bloc parlementaire du Courant du futur, Fouad Siniora, « souhaite l'échec de Saad Hariri afin qu'il retourne lui-même au Sérail ».
Le chef du PSP a ensuite expliqué, une nouvelle fois, pourquoi il juge que le Tribunal spécial pour le Liban est devenu un outil surpolitisé. « Nous ne pouvons pas l'annuler, mais nous pouvons en amoindrir l'impact au Liban pour éviter des affrontements sunnito-chiites », a-t-il dit, reconnaissant avoir compris sur le tard que le TSL pouvait être utilisé pour saper l'unité nationale et la paix civile au Liban.
Concernant enfin sa relation avec Marwan Hamadé et l'implication présumée par le 8 Mars de ce dernier dans la fabrication des faux témoins, Walid Joumblatt a dit : « Je ne peux pas répondre au nom de quelqu'un d'autre, je n'entrerai pas pour l'instant dans une polémique avec mon ami Marwan Hamadé. Il a définitivement choisi sa voie politique et il est libre. Que le tribunal décide s'il est impliqué ou pas. »

