Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Reportage

Sourires et insultes : les policiers réapparaissent au Caire

Ils se serrent les uns contre les autres, sourient aux automobilistes et font semblant de ne pas voir leurs camions calcinés tout près de là : les policiers égyptiens étaient de retour dans les rues du Caire, hier. Ils avaient, pour une raison que personne n'explique officiellement, mystérieusement disparu au cours des deux derniers jours, laissant la ville en proie aux pillards, aux détenus échappés des prisons et aux groupes d'autodéfense aux pieds des immeubles. Dimanche soir, les autorités ont annoncé le redéploiement des hommes en béret et pull-over noir dans tout le pays. Hier, dans un 4x4 à la vitre latérale brisée, un sergent, qui refuse de révéler son identité, lit un journal qui publie en une des photos de flammes et d'émeutiers. « Les gens sont en colère contre nous. Je ne comprends pas pourquoi », dit-il. « Regardez ce qui se passe quand nous ne sommes plus là... »
Pour de nombreux Cairotes interrogés par l'AFP, cela ne fait aucun doute : la disparition des forces de police fut le calcul politique d'un pouvoir aux abois. « On ne nous dit pas la vérité », accuse Mina Roshdy, 30 ans, habitant du quartier de Zamalek. « Le gouvernement a retiré les flics pour déstabiliser le pays. Pour créer le chaos et que les gens se réjouissent du retour de la sécurité. C'est le but : effrayer, dans l'espoir que les gens oublient qu'il faut chasser le dictateur... Moi ou le chaos, c'est un vieux classique... Mais cela ne marchera pas. ».« Dans ce pays, il faut se méfier de la police », ajoute-t-il. « Un jour elle vous attaque, un jour elle vous défend. »
S'ils sourient, l'air un peu embarrassés, et adressent de petits signes aux automobilistes, les policiers n'obtiennent souvent en retour que des regards noirs, voire des insultes. « Je les hais ! Regardez-les ! Animaux ! », leur crie une femme d'une quarantaine d'années qui refuse de donner son nom. « Tout le monde les hait. Ils ont fui car ces lâches ont eu peur. Ce sont les jeunes qui ont protégé notre quartier. J'ai eu si peur des voleurs que je n'ai pas dormi depuis trois jours. ». Dans une ruelle derrière elle, à peine caché dans un recoin, un casier à bouteilles jaune est posé sur le sol, plein de cocktails molotov prêts à l'emploi.
Selon de nombreux témoignages recueillis par l'AFP, des policiers sont sortis de chez eux en civil, hier, renonçant à porter l'uniforme de peur des réactions de la population. Aux abords de la place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la révolte au Caire, c'est l'armée qui est déployée, avec blindés et chars d'assaut. Les manifestants, dont des milliers occupent les lieux jour et nuit, ont formé des comités populaires qui filtrent les entrées et vérifient les identités pour tenter de démasquer les intrus ou les provocateurs. Un civil soupçonné d'être un policier a été repéré par la foule, qui a commencé à le lyncher. Il n'a dû son salut qu'aux tirs en l'air de soldats, qui se sont portés à son secours.
Ils se serrent les uns contre les autres, sourient aux automobilistes et font semblant de ne pas voir leurs camions calcinés tout près de là : les policiers égyptiens étaient de retour dans les rues du Caire, hier. Ils avaient, pour une raison que personne n'explique officiellement, mystérieusement disparu au cours des deux derniers jours, laissant la ville en proie aux pillards, aux détenus échappés des prisons et aux groupes d'autodéfense aux pieds des immeubles. Dimanche soir, les autorités ont annoncé le redéploiement des hommes en béret et pull-over noir dans tout le pays. Hier, dans un 4x4 à la vitre latérale brisée, un sergent, qui refuse de révéler son identité, lit un journal qui publie en une des photos de flammes et d'émeutiers. « Les gens sont en colère contre nous. Je ne comprends pas pourquoi »,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut