M. Ahdab au cours de sa conférence de presse.
Le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a souligné que « le diagnostic politique » de l'alliance était « désormais unifié », qu'il s'agisse de « qualifier ce qui s'est passé de coup d'État », de la nécessité de « ne pas légitimer ce coup d'État et donc de ne pas entrer au gouvernement », ou de mettre en place « une opposition intelligente et fondée sur les points forts du 14 Mars ».
« Il y a une insistance au sein du 14 Mars pour une opposition à caractère démocratique et pacifique, qui ne glisserait pas vers des manifestations sectaires », a ajouté M. Souhaid.
Le député Khaled Zahramane (Akkar) a affirmé que « jusqu'ici, la position de principe du Courant du futur et du 14 Mars est de ne pas participer au futur cabinet ».
M. Zahramane a expliqué que « les points qui ont été remis au Premier ministre désigné, Nagib Mikati, sont destinés à connaître la position de M. Mikati à leur sujet. Ce ne sont pas des conditions pour participer ou pas au gouvernement ».
Le député a précisé que le mouvement de protestation du 14 Mars « se poursuivra dans le centre-ville jusqu'au 14 février, date à laquelle il y aura un mouvement dans tout le pays, mais de façon pacifique et démocratique ».
Autre député du Futur, Ghazi Youssef, a lui aussi affirmé que le 14 Mars, et en particulier le Courant du futur, ne participera pas au gouvernement. Tout comme le ministre d'État sortant Jean Oghassabian, qui a par ailleurs qualifié de « fuite en avant » les propos de M. Mikati selon lesquels le dossier du TSL est litigieux et doit être soumis au dialogue.
De son côté, le député Ammar Houry a rejeté comme « hérésie constitutionnelle » toute référence au tiers de blocage au sein du gouvernement. Il a, en outre, fait remarquer que, de toutes les façons, le 14 Mars « était déjà dans l'opposition » à l'ombre du gouvernement sortant, dans la mesure où le 8 Mars a imposé son agenda sur l'action gouvernementale et a paralysé le cabinet avant de le renverser. Enfin, Moustapha Allouche, ancien député et membre du bureau politique du Courant du futur, a reconnu que M. Mikati « n'est pas de nature agressive », mais estimé qu'il ne pourrait « pas conserver sa position centriste ».
Pour sa part, l'ancien député Misbah el-Ahdab a accusé le Hezbollah d'avoir persisté, au cours des dernières années, dans « sa politique d'hégémonie rampante ». Selon lui, du fait du comportement de ce parti, l'équation démocratique est devenue la suivante : « Si vous désirez quelque chose, vous l'obtiendrez par l'unanimité, et si nous désirons quelque chose, nous l'aurons par la majorité. Et si cela ne vous plaît pas, les armes sont prêtes. »
M. Ahdab, qui avait été battu aux législatives de 2009 à Tripoli face à la coalition Hariri-Mikati-Safadi, a par ailleurs reproché à l'ex-majorité de « s'être laissée glisser progressivement vers l'acceptation d'un mécanisme de compromis inique et déséquilibré, soit sous la pression sécuritaire, soit sous l'effet de conseils extérieurs non appuyés par des garanties palpables, soit encore du fait d'un pari osé sur un changement de comportement de la part du camp adverse, soit enfin par la conclusion d'alliances électorales opportunistes et malencontreuses ».
Niant être candidat à un ministère au sein du prochain gouvernement, M. Ahdab a dit : « Je crois que ma position hors du cabinet serait meilleure dans la phase actuelle. »

