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Liban - La Situation

Gouvernement : on se presse... sans se presser

Walid Joumblatt se tenant de côté pendant que l’un de ses principaux collaborateurs, Charif Fayad, lit les résolutions de l’assemblée générale du PSP. Photo Marwan Assaf


Ptêt ben qu'oui, ptêt ben qu'non... Avec Nagib Mikati comme Premier ministre désigné, il était normal de s'attendre à ce que le climat général du processus actuel de formation du gouvernement se réduise à un mot, un seul : prudence.
Prudence à droite, prudence à gauche, prudence au centre ; cela finit, inéluctablement, par titiller les personnes pressées. Et, ces jours-ci, au Liban, en dépit de l'ombrage que font les événements d'Égypte, quelques-uns ont bien des raisons d'être pressés.
Pour l'instant, on affirme toujours, dans les milieux informés, que le nouveau président du Conseil n'entend nullement perdre son temps. On souligne même que la mouture gouvernementale serait quasiment prête, en tout cas pour ce qui est de la composante musulmane du cabinet.
Mais d'un autre côté, des sources tout aussi bien informées assurent que M. Mikati ne désespère toujours pas de mettre sur pied une équipe ayant l'assise la plus large possible, qu'on ne sait toujours pas s'il s'agirait d'un gouvernement de 24 ou de 30, que les noms de ministrables ayant rempli les colonnes de la presse ces jours derniers ne correspondent pas à la réalité... En un mot, que M. Mikati prend son temps !
Pour ce qui est de la largeur de l'assise gouvernementale, une chose paraît quasi certaine : elle n'inclura pas le Courant du futur, et avec lui les principales composantes du 14 Mars, qui s'orientent vers une opposition sans ambivalence aucune. C'est d'ailleurs le sens des propos tenus samedi par le Premier ministre sortant, Saad Hariri.
Il est vrai, cependant, que le chef de l'une de ces composantes, l'ancien président Amine Gemayel, s'est entretenu hier avec M. Mikati. Mais des sources des Kataëb ont dit à la MTV que le parti de M. Gemayel agissait en « coordination totale » avec le 14 Mars et qu'il ne comptait rien céder sur les dossiers chers au 14 Mars, à commencer par celui du TSL.
Du côté du 8 Mars, les choses commencent quelque peu à se corser. Dans les rangs du bloc du Changement et de la Réforme (aouniste), des voix se sont élevées au cours du week-end pour réclamer la mise en place d'une équipe « homogène », ce qui, dans le contexte actuel, signifie non seulement qu'on souhaite la mise à l'écart de la nouvelle minorité parlementaire, mais aussi et surtout que la majorité des ministres soit issue des rangs initiaux du 8 Mars.
Ces appels corroborent d'ailleurs les informations qui circulaient hier soir, à savoir que le général Michel Aoun insisterait pour nommer lui-même les ministres maronites et pour avoir un « droit de regard » sur la nomination des autres membres chrétiens du gouvernement.
À en croire des sources sûres, cette subite « escalade » dans la position aouniste est à mettre sur le compte de la volonté du Hezbollah d'en finir avec les demi-teintes mikatiennes. Désireux de garder lui-même un profil bas, le Hezb ressort ainsi la recette qui avait si bien marché pour lui dans le passé : lui se tait et c'est le général qui tonne.
En attendant de voir où va mener ce début de blocage, le Premier ministre désigné, en accord avec le président de la République, s'efforce de faire en sorte que la majorité des ministres, au cas où la non-participation du 14 Mars se précise, appartienne au trio Sleiman-Mikati-Joumblatt plutôt qu'à celui formé par le Hezbollah, Amal et le CPL.
S'agissant du dernier pilier du trio « (ex-)centriste », force est de constater qu'il lui est arrivé hier de se distinguer une nouvelle fois. La presse attendait sa prestation à l'issue de l'assemblée générale de son parti, tenue à l'hôtel Beau Rivage, à l'enseigne si symbolique de l'ère syrienne. Et le voilà qui s'y dérobe in extremis, laissant un responsable moins voyant de sa formation donner lecture du communiqué final.
Pour nombre d'observateurs, qui se souviennent de l'impression faite par Walid Joumblatt un certain 2 août 2009, en pareille occasion, cette volonté de minimiser l'impact médiatique de son propre message peut vouloir dire que la base du PSP ne le reçoit toujours pas 5 sur 5.
Ptêt ben qu'oui, ptêt ben qu'non... Avec Nagib Mikati comme Premier ministre désigné, il était normal de s'attendre à ce que le climat général du processus actuel de formation du gouvernement se réduise à un mot, un seul : prudence.Prudence à droite, prudence à gauche, prudence au centre ; cela finit, inéluctablement, par titiller les personnes pressées. Et, ces jours-ci, au Liban, en dépit de l'ombrage que font les événements d'Égypte, quelques-uns ont bien des raisons d'être pressés.Pour l'instant, on affirme toujours, dans les milieux informés, que le nouveau président du Conseil n'entend nullement perdre son temps. On souligne même que la mouture gouvernementale serait quasiment prête, en tout cas pour ce qui est de la composante musulmane du cabinet.Mais d'un autre côté, des sources tout aussi bien...
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