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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Prudence et impuissance de Paris, comme traumatisé par la Tunisie

La France, en appelant à "la retenue" et au "dialogue" en Égypte, affiche, comme pour la Tunisie, sa prudence face à un régime ami menacé, une attitude qui illustre aussi une certaine forme d'impuissance, selon certains experts.
"C'est le peuple égyptien qui décide" et "aucun pays ne peut prendre la place du peuple égyptien", a déclaré samedi le Premier ministre français François Fillon à propos du soulèvement populaire en Égypte. "Il faut qu'il y ait des signes qui soient donnés que les réformes que le président Hosni Moubarak a promises soient engagées", a-t-il ajouté.
Dès vendredi, les États-Unis, qui entretiennent une relation encore plus proche avec Le Caire, avaient eu un ton beaucoup plus direct, avec un président Barack Obama allant jusqu'à réclamer à son homologue égyptien des "mesures concrètes" pour répondre aux demandes de changement de son peuple.
Pour Denis Bauchard de l'Institut français des relations internationales (Ifri), la France ne peut plus invoquer la surprise pour justifier sa position comme elle l'avait fait pour la Tunisie. "On sait depuis des années que les nuages s'accumulaient sur l'Égypte", souligne-t-il.
"Il y a un certain traumatisme" côté français après la sous-estimation des événements en Tunisie, relève-t-il. Et la tradition d'une "très bonne relation personnelle" entre les présidents égyptien et français, tant Nicolas Sarkozy que son prédécesseur Jacques Chirac, ajoute cet expert.
Le président Sarkozy, qui a beaucoup joué la carte Moubarak depuis son accession au pouvoir en 2007, ne s'est pas encore exprimé sur les bouleversements qui touchent depuis une semaine l'Égypte.
Le Parti communiste français (PCF, opposition), très critique, a appelé samedi le chef de l'État à "sortir de son silence complaisant et scandaleux". Le MoDem (centre-droit) a demandé de son côté au gouvernement français d'être, contrairement à la révolution tunisienne, "cette fois dans le camp de ceux qui se battent pour la démocratie".
À la différence de la Tunisie, l'Égypte n'est pas un ancien protectorat français et la "réserve" prônée lundi par Nicolas Sarkozy à l'égard des anciennes colonies françaises ne peut pas être invoquée.
Au Moyen-Orient, le régime Moubarak, bien que qualifié d'"autoritaire" par le ministre français de la Défense Alain Juppé, est considéré par Paris comme "modéré" dans la région. Et c'est un acteur de poids pour la résolution du conflit israélo-palestinien, selon Paris.
Pour créer l'Union pour la Méditerranée (UpM), un forum destiné à promouvoir la paix sur le pourtour méditerranéen, le président français avait choisi en 2008 Hosni Moubarak comme coprésident. Aujourd'hui, l'UpM, qui vient de perdre son secrétaire général, démissionnaire face à la paralysie de l'institution, semble n'avoir eu pour seul moteur que Nicolas Sarkozy.
"Sur le fond, la France se positionne de la même façon" que pour la Tunisie, juge Didier Billion de l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). "L'Élysée a très peur que Hosni Moubarak se fasse balayer" en Égypte, où les Frères musulmans sont structurés, ce qui explique "la très grande prudence" des autorités françaises, précise-t-il.
Officiellement interdit, ce mouvement, le plus ancien de l'islamisme sunnite, est considéré comme la première force d'opposition en Égypte.
En réalité, poursuit Didier Billion, la France "n'a que peu d'influence sur l'évolution de l'Égypte et de son président Hosni Moubarak", et se trouve "en situation de relative impuissance". Même si Nicolas Sarkozy "considère l'Égypte comme essentielle" dans la région en raison de l'importance de sa population et de la taille de ce pays.
"C'est le peuple égyptien qui décide" et "aucun pays ne peut prendre la place du peuple égyptien", a déclaré samedi le Premier ministre français François Fillon à propos du soulèvement populaire en Égypte. "Il faut qu'il y ait des signes qui soient donnés que les réformes que le président Hosni Moubarak a promises soient engagées", a-t-il ajouté.Dès vendredi, les États-Unis, qui entretiennent une relation encore plus proche avec Le Caire, avaient eu un ton beaucoup plus direct, avec un président Barack Obama allant jusqu'à réclamer à son homologue égyptien des "mesures concrètes" pour répondre aux demandes de changement de son peuple.Pour Denis Bauchard de l'Institut français des relations internationales (Ifri), la France ne peut plus invoquer la surprise pour justifier sa position comme elle l'avait fait pour...
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