Nouvelle polémique, nouveau conflit, nouveau tiraillement. Depuis vingt et un ans, la guerre froide a succédé à la guerre chaude. Les conflits sont les seuls facteurs de stabilité que nous connaissons. Mais le pire dans tout ça, c'est que les acteurs sont toujours les mêmes. Ils jouent toujours leurs pièces de théâtre et nous nous bornons toujours à les croire.
Notre problème au Liban est que nous sommes toujours dans le refoulement, la comédie et l'hypocrisie. La vérité est que personne n'a oublié la guerre civile. Les blessures sont toujours ouvertes, les cœurs saignent toujours, les yeux sont encore mouillés. Cela ne saurait changer tant que les différents acteurs de la guerre ne sont pas tous écartés de la scène politique. Il faut écarter ces cœurs pleins de rancœurs, il faut laisser la place aux jeunes d'aujourd'hui. Ces jeunes pleins de passion, qui ne traînent pas le passé de sang, de haine, de trahisons et d'amertume de leurs aînés. Ces derniers ont tous, sans exception, fait leur temps, et tous ce qu'ils ont fait c'est des guerres et des conflits. Ils nous ont tellement domptés que nous n'avons même plus la force de nous rebeller contre eux et de renverser ces faux guides. Celui qui a tué Gebran Tuéni, Samir Kassir et Pierre Gemayel savait ce qu'il faisait. Les « grands » de notre région et de notre monde ne peuvent permettre à une nouvelle classe politique de naître. Mais j'ai foi en la jeunesse d'aujourd'hui, bientôt, je l'espère, nous nous réveillerons et le monde tremblera. Parce que la jeunesse peut, la jeunesse sait !


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