Le Premier ministre britannique, David Cameron, partisan de l’austérité, lors de son intervention au Forum économique mondial de Davos. Johannes Eisele/AFP
Le Royaume-Uni a mis en place un plan de rigueur drastique, jugé par le gouvernement indispensable pour venir à bout du pire déficit public européen et remettre à flot le pays. Le Premier ministre britannique a promis de maintenir ce plan, malgré les chiffres décevants de la croissance publiés mardi. « Tout cela a été réalisé non en dépit de notre plan (...) mais grâce à lui », a-t-il insisté, dans une réponse aux critiques au Royaume-Uni après la publication du chiffre du PIB qui a reculé de 0,5 % au dernier trimestre.
Alors que M. Cameron estimait ainsi qu'on pouvait gérer un déficit de manière ferme tout en créant de la croissance, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, est intervenu peu après pour défendre une thèse pratiquement inverse.
Réduire les déficits publics en coupant durement dans les dépenses n'est pas « raisonnable » car cela risquait de laminer une croissance à peine naissante, a-t-il averti. « Certaines personnes veulent (...) aller très vite pour faire de très fortes coupes dans les dépenses » des gouvernements, a expliqué M. Geithner.
« Mais ce n'est pas une méthode raisonnable » pour agir, a-t-il estimé.
« Il faut être certain de ne pas affecter la reprise », a insisté le responsable américain. Car « cela nuirait à l'objectif à long terme d'obtenir une situation budgétaire stable », a encore souligné M. Geithner. Peu auparavant, le secrétaire au Trésor avait expliqué qu'en période de crise, une des erreurs les plus répandues était de mettre un terme trop rapidement aux plans de soutien à l'économie, promettant que les États-Unis éviteraient cet écueil.
Intervenant quelques heures plus tard, la chancelière allemande a rappelé que son pays avait été frappé de plein fouet par la crise avant de renouer avec une croissance de 3,6 % grâce aux exportations et aux efforts de compétitivité accomplis par son pays. Ceux-ci sont indispensables, a-t-elle martelé. « La solidarité » entre États européens « est un côté de la pièce, mais une meilleure compétitivité en est l'autre face » de cette pièce, a-t-elle souligné.
Locomotive de l'économie européenne, l'Allemagne rechigne à payer davantage pour aider les pays plus fragiles comme la Grèce ou le Portugal, et conditionne son aide à des efforts de la part de ces pays visant à améliorer leur compétitivité.

