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Nos lecteurs ont la parole

Un accessoire de la famille, la femme ? Non, son principal élément

Par Yara RIZK
Cher Monsieur,
C'est avec intérêt que j'ai lu votre article, le titre semblant promettre un appel à ma communauté en ces jours troublés. Mais quelle ne fut ma surprise de découvrir qu'il s'agissait en réalité d'un appel à la femme chrétienne (car il semblerait qu'en ce qui vous concerne les femmes musulmanes n'aient nul besoin d'être conseillées, tant elles seraient soumises...) de renier tous les acquis sociaux, moraux et politiques pour lesquels les femmes - et faut-il le rappeler ? - de nombreux hommes ont fébrilement et passionnément combattu pendant le siècle dernier.
Je ne répondrai pas à votre intervention point par point, ce serait trop long ; je ne m'en tiendrai qu'à l'essentiel. Le XXe siècle ne vous a-t-il rien appris ?
Avez-vous oublié que la lutte première des femmes fut et reste, malheureusement encore aujourd'hui dans de nombreux pays, celle de l'éducation ? Ne savez-vous pas que l'ignorance mène à l'obscurantisme, ennemi de la vie en société, ennemi du développement des civilisations, ennemi de la paix ? Ne savez-vous pas qu'une mère ignorante n'élèvera ses enfants que dans la mesure de ses propres connaissances ?
Ou bien entendez-vous que les femmes doivent être éduquées, instruites - vous ne voudriez pas épouser une potiche -, mais une fois à la maison, elles doivent « docilement » se soumettre à la volonté de leur mari si, « après les longues discussions » avec le « capitaine du bateau », celui-ci devait persister dans sa décision ? Votre définition en cinq points, du concept familial, est pour le moins choquante, même si je peux voir à travers vos idées - que j'espère maladroitement exprimées - le souhait de voir notre société revenir aux valeurs plus traditionnelles qui étaient les nôtres il n'y a pas si longtemps.
Mais la stabilité familiale n'est nullement menacée par l'accession des femmes à des postes de direction ou par l'opportunité qui peut leur être donnée de mener une carrière. Dans le couple, il n'y a qu'une seule vraie valeur, avant celles de l'amour et du sacrifice : le respect. Celui de l'épouse pour son mari autant que celui du mari pour sa femme, et dont découleront les notions moteurs de la vie de couple qui sont l'entraide, l'entente et la conciliation conjugales.
Une famille stable est une famille où les membres se respectent, se soutiennent, font des sacrifices mutuels pour le bien de la famille, et c'est ainsi avant tout une famille où règne l'égalité et la confiance en cette égalité qui empêche aucun des membres de se sentir lésé. Car, c'est par ce sentiment que commencent l'amertume et le désamour qui débouchent sur le mal-être et en fin de compte sur la désunion.
Je voudrais finir en vous remerciant, cher Monsieur, de nous avoir si bien rappelées que la « famille normale » est celle où la « femme est gâtée par son mari à condition d'arrêter de réclamer l'égalité dans tous les droits publics et officiels, surtout à l'égard des enfants ». Sachez, Monsieur, que nous ne sommes pas que des utérus chargés d'enfanter et de servir. Les enfants que nous portons pendant neuf mois sont notre chair et notre sang. Nous ne les aimons ni mieux ni plus si nous renonçons à nos droits fondamentaux, bien au contraire, nous avons le devoir, pour nos enfants avant tout, de nous élever contre l'injustice et de réclamer par tous les moyens, notre participation active, réelle et dans tous ses aspects, à la vie de nos enfants, surtout s'ils nous sont enlevés. Quelle mère serais-je si je renonçais à mes enfants ?
Nous ne sommes pas un accessoire de la famille, Monsieur, nous en sommes le principal élément.
Cher Monsieur,C'est avec intérêt que j'ai lu votre article, le titre semblant promettre un appel à ma communauté en ces jours troublés. Mais quelle ne fut ma surprise de découvrir qu'il s'agissait en réalité d'un appel à la femme chrétienne (car il semblerait qu'en ce qui vous concerne les femmes musulmanes n'aient nul besoin d'être conseillées, tant elles seraient soumises...) de renier tous les acquis sociaux, moraux et politiques pour lesquels les femmes - et faut-il le rappeler ? - de nombreux hommes ont fébrilement et passionnément combattu pendant le siècle dernier. Je ne répondrai pas à votre intervention point par point, ce serait trop long ; je ne m'en tiendrai qu'à l'essentiel. Le XXe siècle ne vous a-t-il rien appris ?Avez-vous oublié que la lutte première des femmes fut et reste, malheureusement encore...
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