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Liban

Nasrallah : Le complot du tribunal échouera

Hassan Nasrallah a appelé hier à la formation d'un cabinet d'union et de salut public, rejetant les affirmations selon lesquelles Nagib Mikati est le candidat du Hezbollah.
« Nous aspirons à une coopération de la part de tous dans ces moments difficiles. Face aux développements et aux événements, nous avons eu recours aux institutions constitutionnelles et aux options légales. Face à l'acte d'accusation qui vise la Résistance, nous avons agi selon notre droit constitutionnel (...) », a indiqué le chef du Hezbollah lors d'un discours retransmis sur grand écran devant des milliers de partisans à Baalbeck, à l'occasion d'une cérémonie religieuse.
« Nous comprenons tous les sentiments, compte tenu du fait que tout le monde avait les nerfs tendus et en raison de la tension politique, psychologique, émotionnelle et médiatique durant les dernières semaines et les derniers jours. La bataille des consultations était très féroce. Beaucoup en ce monde s'en sont mêlés, mais elle était légale et constitutionnelle », a poursuivi Hassan Nasrallah, affirmant que « le vice-président américain Joe Biden avait contacté l'un des chefs de bloc parlementaire pour lui demander de voter pour Saad Hariri ».
« Nous comprenons la colère. Mais admettons un instant que l'autre candidat ait été désigné et que certaines personnes avaient manifesté comme aujourd'hui, vous auriez commencé à entendre les condamnations en provenance de Washington », a-t-il dit, estimant que, dans ce cas, l'ensemble des centres de décision US auraient participé à une campagne politique pour qualifier les protestataires « d'insurgés, de dictateurs, de hors-la-loi et de personnes hostiles aux institutions constitutionnelles ».
« Mais c'est parce que le camp qui a manifesté est en réalité le leur, tout le monde s'est tu. Tous ceux qui parlent du respect de la légalité libanaise, de la majorité parlementaire, des institutions constitutionnelles et du jeu démocratique se sont tus », a-t-il dit.
« Si vous respectez la majorité parlementaire - et c'en est une - pourquoi respecter l'une et pas l'autre ? Si les manifestations dans les rues et le fait de couper les routes constituent un droit démocratique et légal, pourquoi condamniez-vous l'opposition auparavant ? Si ce n'était pas un droit légal et démocratique, pourquoi vous taisez-vous lorsque d'autres que l'opposition se livrent aux mêmes pratiques », a-t-il souligné, dénonçant « deux poids et deux mesures dans la vision américaine et occidentale du monde ». « Les conférences qu'on nous donnait depuis six ans sur la démocratie et la volonté de la majorité sont aujourd'hui terminées. Nous sommes dans une autre situation », a ajouté le secrétaire général du Hezbollah.
« L'intimidation du Premier ministre Nagib Mikati ne servira à rien, de même que les volontés de falsification. Il semble que certains leaders - à différencier des bonnes gens dans les rues - qui savent ce qu'ils font et qui ont donné des engagements massifs, ont acquis une grande expérience dans la falsification des choses et des vérités, depuis l'enquête internationale et le tribunal international jusqu'à l'invention des faux témoins. Ils veulent dire maintenant que le Premier ministre est désigné par le Hezbollah. Il ne l'était pas et il ne l'est pas à présent. En 2009, vous étiez alliés et candidats sur les mêmes listes, et l'homme est un centriste. Il n'était ni du 8 Mars ni dans l'opposition. Affirmer qu'il est le candidat du Hezbollah, c'est tenter de faire pression sur lui. L'objectif de ces propos est de se livrer à des provocations sectaires », a poursuivi le chef du Hezbollah.
En adoptant la candidature de Nagib Mikati, l'opposition « a trouvé une opportunité de sortir du défi actuel, de régler les questions et d'arrondir les angles, parce qu'elle ne voulait pas entrer dans une confrontation totale avec l'autre camp ». « C'est vrai, nous avons des réserves sur une personne bien déterminée, mais nous ne voulons éliminer personne et encore moins former un cabinet monochrome. J'ai trouvé dans l'adoption de la candidature du Premier ministre Mikati une opportunité pour le pays et c'est pourquoi j'ai choisi cette option. Ni le prochain Premier ministre ni le prochain gouvernement ne sont menés par le Hezbollah. Tout cela n'est qu'intox à l'intérieur pour exciter les sentiments à l'extérieur du pays. Mais exciter qui ? Les peuples arabes et islamiques seront-ils malheureux qu'un mouvement de résistance dirige le pouvoir au Liban ? Certainement pas. Ceux dont on veut exciter les sentiments (par ces théories) sont les États-Unis et Israël, et tous ceux qui sont inquiets pour le projet américano-israélien dans la région », a-t-il noté.
« Nous ne voulons ni le pouvoir ni le gouvernement », a souligné Hassan Nasrallah, estimant que son parti n'avait jamais insisté pour participer à un cabinet au Liban et qu'il voulait uniquement se dédier à la résistance et à la défense du pays. « Nous ne voulons qu'une seule chose : laissez-nous tranquilles. Ne complotez pas contre nous. Ne nous tuez pas. Ne nous poignardez pas dans le dos. Nous ne voulons même pas de protection de votre part. Nous voulons seulement qu'on ne complote pas contre nous. Cela nous suffit », a-t-il ajouté. « (...) C'est vous qui nous avez entraînés vers la scène locale, parce que, depuis 2005, vous avez été à Washington et avez contracté des engagements. Depuis 2005, vous complotez contre la Résistance, ses armes et son existence. Même la table de dialogue avait pour objectif de désarmer le Hezbollah. Vous avez échoué. Vous avez généré la guerre de juillet contre la Résistance au Liban et vous avez échoué. Et maintenant, voilà que se profile le projet du tribunal international pour porter atteinte à la Résistance, et vous allez échouer, et lui avec vous », a-t-il noté.
« Nous ne voulons pas le gouvernement (...). Le plus grand mensonge est d'accuser le Hezbollah de vouloir dominer l'État et le gouvernement et de vouloir imposer un Premier ministre (...) », a poursuivi Hassan Nasrallah. « Nous avons une position claire. Nous avons soutenu Nagib Mikati et l'appelons à former un cabinet de partenariat national et un cabinet de salut national. Les Libanais ont une véritable chance de s'unir sur la base de " ni vainqueur ni vaincu ". Retrouvons-nous au sein d'un même gouvernement », a-t-il ajouté. « Refuser de participer à ce cabinet signifie que vous voulez le pouvoir à vous seuls et que vous êtes prêts à faire n'importe quoi pour le pouvoir. (...) Et si nous ne parvenons pas à nous entendre, si nous ne donnons pas au président Mikati la chance de réussir, si nous n'œuvrons pas ensemble à la formation d'un cabinet de partenariat national et de salut, où comptez-vous emmener le pays ? Sincèrement, le monde n'a que faire de vous, et il a d'autres chats à fouetter, que ce soit les États étrangers ou les pays régionaux. Cessons de perdre du temps », a-t-il indiqué.
« Que ceux qui ne veulent pas participer donnent au gouvernement Mikati un délai de grâce d'un an, avant de le juger », a-t-il ajouté. « Sinon, ce sera une preuve qu'ils ne veulent qu'eux-mêmes. »

« Nous aspirons à une coopération de la part de tous dans ces moments difficiles. Face aux développements et aux événements, nous avons eu recours aux institutions constitutionnelles et aux options légales. Face à l'acte d'accusation qui vise la Résistance, nous avons agi selon notre droit constitutionnel (...) », a indiqué le chef du Hezbollah lors d'un discours retransmis sur grand écran devant des milliers de partisans à Baalbeck, à l'occasion d'une cérémonie religieuse. « Nous comprenons tous les sentiments, compte tenu du fait que tout le monde avait les nerfs tendus et en raison de la tension politique, psychologique, émotionnelle et médiatique durant les dernières semaines et les derniers jours. La bataille des consultations était très féroce. Beaucoup en ce monde s'en sont mêlés, mais elle était...
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