À l'issue d'une réunion qui a regroupé, outre le commandement du Nord du Courant du futur, les députés Moustapha Allouche, Khaled Daher et Mohammad Abdel Latif Kabbara, M. Allouche a pris la parole pour stigmatiser notamment « le coup d'État » fomenté par le Hezbollah et « l'humiliation » qu'il a fait subir aux citoyens libanais, accusant le chef du parti chiite de se poser en « tuteur de la République libanaise » et surtout du « poste de Premier ministre ». Et le député d'affirmer les points suivants :
« Tout d'abord, a-t-il dit, la méthode utilisée par le Hezbollah qui a convoqué des leaders et anciens chefs de gouvernement est un précédent sur lequel nous ne pouvons nous taire. Ce que le Hezbollah a entrepris à l'aide de son secrétaire général est une tentative visant à réduire le poids de la troisième présidence et son rôle national. L'insurrection menée par le parti (chiite) est une tentative visant à placer la présidence du Conseil sous la tutelle iranienne. Les hommes de Tripoli refusent que leurs leaders soient convoqués comme par une décision religieuse imposée par le régime de la wilayat el-faqih. Tripoli a accordé ses voix à ses députés pour leur engagement à défendre les principes de la liberté, de la souveraineté, de l'indépendance, le tribunal et la justice. Accepter la désignation d'une personnalité par le Hezbollah pour la présidence du gouvernement est un acte de traîtrise à l'égard des habitants de Tripoli parce que cette personnalité sera écartée de l'histoire », a-t-il dit. Et M. Allouche de lancer un appel aux Tripolitains et à l'ensemble des Libanais les invitant à venir aujourd'hui « exprimer leur colère et leur refus de la tutelle perse » en organisant des mouvements populaires pacifistes « garantis par la loi » par le biais de mouvements de protestations et de grèves ouvertes jusqu'à ce que Saad Hariri obtienne justice.
À son tour, le député Kabbara a indiqué qu'« il n'est pas acceptable de porter atteinte à la communauté sunnite ». « Demain (aujourd'hui) sera une journée de colère générale partout au Liban. Ce sera une journée de grève générale pour dénoncer les ingérences des autres dans les affaires libanaises et sunnites », a-t-il dit. À son tour, le député Khaled Daher a dénoncé le « coup d'État mené à l'arme blanche et noire par le Hezbollah », assurant que les Libanais « ne se soumettront pas à la wilayat el-faqih ». Il a ajouté que le parti de Dieu « ne pourra pas non plus nous priver de la justice, de la Constitution et de la coexistence, après tous les sacrifices qui ont été faits par les Libanais au nom de leur dignité et en faveur du tribunal et de la justice ». Et de conclure : « Nous refusons les armes ainsi que le candidat qui est soutenu par les armes, et affirmons que nous sommes en sit-in ouvert. »
Par ailleurs, le Courant du futur a publié en soirée un communiqué dans lequel il dément les informations selon lesquelles certains éléments du courant auraient été vus portant des armes. Et le texte de préciser que le Courant du futur « reste attaché à la Constitution et aux lois en vigueur », soulignant que les informations relatives au port d'armes sont « infondées ».
Des sources proches du candidat de l'opposition à la présidence du gouvernement, Nagib Mikati, ont exprimé leur étonnement suite à « la mobilisation artificielle et à l'escalade » qui a eu lieu dans les rues. Les sources ont indiqué que de tels agissements ne peuvent que diviser encore plus les Libanais, sachant qu'ils n'auront aucun impact sur la décision de M. Mikati de se porter candidat.

