Le président des Girondins, Jean-Louis Triaud, a indiqué hier que la question de la démission ou du limogeage de l’entraîneur Jean Tigana n’était pas d’actualité. Nicolas Tucat/AFP
De retour aux affaires en mai dernier après trois ans passés loin des terrains, l'ex-milieu qui avait reconnu maladroitement mieux connaître le football international après ses passages à Fulham et au Besiktas, a cruellement fait l'expérience d'une L1 qu'il avait quittée au siècle dernier (1999).
S'il a accepté de prendre en main des Girondins ébranlés par le départ de Laurent Blanc, Tigana n'imaginait certainement pas l'étendue de sa tâche et se retrouve désormais sur la sellette, contesté tant par ses joueurs que par les supporteurs.
« La question (de son remplacement) ne se pose pas », a assuré hier le président Jean-Louis Triaud. Mais les dirigeants bordelais sont forcément confrontés à un dilemme : le retenir ou se séparer d'un homme ayant connu la gloire du club dans les années 1980... comme joueur.
Les raisons de le garder
S'il n'a pas réussi à faire oublier l'ère Laurent Blanc (titre de champion et Coupe de la Ligue en 2009), Tigana n'a pas été gâté par les suspensions (Carrasso, Ciani, Diarra) et les blessures (Planus, Chalmé, Henrique) ou par le manque évident d'apport de ses recrues.
Comme il l'avait dit lors de son intronisation, il a donné leur chance aux jeunes joueurs, sans pour autant en faire sortir un du lot.
Un renvoi de l'entraîneur, soutenu par M6, l'actionnaire principal de Bordeaux, plutôt qu'une démission, que Tigana a déjà proposée deux fois, grèverait davantage les finances d'un club, déjà dans le rouge avant l'actuelle saison (15 millions d'euros de déficit).
Les raisons de s'en séparer
L'un des arguments de ses détracteurs repose sur les chiffres avec un bilan en L1 (6 victoires, 9 nuls, 5 défaites pour une 10e place après 20 journées) loin des attentes de l'actionnaire.
Les choix tactiques, certes contrariés par les absences en défense, ont donné l'impression qu'il ne savait finalement à quel saint se vouer.
Enfin, ses méthodes à l'ancienne, sa communication inaudible selon plusieurs joueurs qui ont réclamé « du changement, un déclic », et ses divergences de plus en plus évidentes avec son adjoint Michel Pavon, pourraient sceller le divorce.
Et maintenant ?
S'ils prennent la décision d'accepter sa démission ou de le démettre, les Girondins auront le choix entre une solution interne, la moins coûteuse, ou un renfort extérieur.
Le choix le plus simple serait d'accorder un intérim à Pavon, à l'expérience malheureuse en 2005, en l'associant à Éric Bédouet qui avait maintenu le club cette même année, voire proposer le poste à Patrick Battiston, directeur du centre de formation et responsable de l'équipe réserve. Le second serait de faire appel à un entraîneur parmi ceux dont les noms circulent dès que l'un d'entre eux est éjecté. Parmi eux, ceux d'anciens Girondins Élie Baup, Rolland Courbis ou Ricardo noircissent les lignes des quotidiens sans qu'aucun ne soit privilégié par les dirigeants.
Les heures à venir devraient vraisemblablement mettre fin au suspense.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve