"Aucune nouvelle discussion" n'est prévue avec Téhéran sur son programme nucléaire, a déclaré à la presse la chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, intermédiaire des grandes puissances sur ce dossier, à l'issue des deux journées de discussions d'Istanbul.
Elle s'est déclarée "déçue" du fait que les Iraniens n'ont pas accepté une nouvelle offre d'échange de combustible nucléaire, une mesure propre à rassurer les Occidentaux, et qu'ils aient posé des "préconditions": la levée des sanctions internationales qui les frappent, et la reconnaissance de leur droit à enrichir l'uranium.
"Je pense que nous devons tous faire une pause, vraiment", a-t-elle encore déclaré.
Un diplomate de haut rang américain a pour sa part estimé que la voie diplomatique restait une solution face à l'Iran.
"La porte est ouverte. Nous continuons à penser qu'il y a du temps et de la marge pour la diplomatie", a déclaré ce diplomate, qui a requis l'anonymat.
"Les sanctions (internationales contre l'Iran) ont clairement eu un impact, et selon la presse il y a des signes d'un ralentissement du programme nucléaire iranien. Donc je pense qu'il y a du temps et de la marge pour la diplomatie", a-t-il développé.
Ce diplomate faisait vraisemblablement allusion aux effets du virus informatique Stuxnet, destiné à saboter le programme nucléaire iranien, qui selon Israël aurait retardé de plusieurs années l'éventuelle possession par Téhéran de la bombe atomique.
Ce virus a été mis au point par les Américains et Israël, selon le New York Times.
Les sanctions "ont rendu bien plus difficile pour l'Iran la réalisation de ses ambitions nucléaires. L'Iran a des problèmes technologiques qui ont ralenti son calendrier", avait aussi affirmé la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avant la réunion d'istanbul.
"On n'est pas dans une phase d'impatience américaine", notait à ce propos l'expert français et spécialiste de l'Iran Bruno Tertrais, à la veille de ces discussions.
"Depuis l'été 2010, la tension s'est relâchée, les sanctions commencent à se faire sentir, et il y a eu les opérations de sabotage", ajoutait-il, évoquant notamment le virus Stuxnet.
Pour l'analyste indépendant Mohammad Saleh Sedghian, basé à Téhéran, il est très difficile de prédire l'avenir du dossier iranien.
"D'un côté, le parlement iranien a dit qu'il pourrait prendre des mesures pour obliger le gouvernement à ne plus prendre part à de nouvelles discussions. D'un autre côté, les Etats-Unis pourraient avancer vers de nouvelles sanctions contre Téhéran", a-t-il dit.
Une éventualité également soulevée par le New York Times, qui estime que "compte tenu du fait qu'il n'y a pas de nouvelles discussions prévues, l'administration Obama va maintenant être confrontée à de nouvelles pressions pour pousser à de nouvelles sanctions contre l'Iran".
L'éditorialiste turc Semiz Idiz, du journal Milliyet, est de cet avis. "Je ne serais pas surpris de voir des Occidentaux adopter de nouvelles sanctions contre l'Iran pour le forcer davantage à un compromis", estime-t-il.
Le programme nucléaire iranien a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions économiques et politiques. Plusieurs pays, dont les États-Unis, ont adopté leurs propres sanctions.


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