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Liban

La machine à rumeurs tourne à plein régime

La machine à rumeurs tourne à plein régime au Liban où panique et mauvais pressentiments se répandent dans un contexte de crise, après la chute du gouvernement provoquée par le Hezbollah, raconte l'AFP dans un reportage.
Mardi, un rassemblement de partisans du Hezbollah dans de nombreux quartiers de Beyrouth-Ouest, où cohabitent sunnites et chiites, a vite fait courir la rumeur qu'il s'agissait d'une répétition en prévision d'une prise de contrôle de la capitale.
Toute la semaine, des SMS et des tracts anonymes ont incité les Libanais à fuir Beyrouth avant l'enfer. « J'ai reçu hier un message sur mon BlackBerry, qui disait que la situation était mauvaise et que nous devions quitter Beyrouth (...). Beaucoup de mes amis ont reçu le même message », explique un étudiant en marketing à la Lebanese American University (LAU), qui s'exprimait, comme la plupart des personnes interrogées, sous le couvert de l'anonymat.
Les chaînes de télévision alimentent la psychose en traitant chaque incident mineur comme une information essentielle. Même le départ programmé d'une ambassadrice occidentale, cette semaine, a fait courir la rumeur qu'elle avait fait ses valises et pris la fuite. « Tout le monde est sur les nerfs et la moindre rumeur nous plonge dans le délire », reconnaît un habitant d'Achrafieh.
Une femme de 25 ans, dont la famille soutient un parti proche du Hezbollah, raconte avoir quitté son bureau dans la minute, jeudi, quand son frère l'a appelée, « complètement hystérique », en lui assurant que « quelque chose » allait se passer dans l'après-midi.
La crise politique fait remonter le spectre des violences confessionnelles de mai 2008, quand des combats entre sunnites et chiites avaient fait une centaine de morts et mené le pays au bord de la guerre civile.
Inquiets, les Libanais se ruent vers les banques pour convertir leurs économies en dollars et retirer de fortes sommes en liquide, ont expliqué des responsables bancaires à l'AFP.
À Beyrouth, le personnel de l'ONU a été prié de faire particulièrement attention. « C'est incroyable à quel point les gens sont pris de panique, ils retirent leur argent et font des réserves d'eau et d'aliments de base », explique un responsable de l'organisation.
Les ambassades ne déconseillent pas le Liban à leurs citoyens, mais certains étudiants étrangers, en particulier les Jordaniens et les Saoudiens, ont reçu pour recommandation de quitter le pays avant que la situation n'empire. « Jusqu'à présent, aucun n'est parti, mais l'université a demandé à tous les étudiants de rester dans leur résidence et de garder contact avec leur doyen », a expliqué un responsable de la LAU.
« Il est évident que quelque chose va se passer. Après tant d'années, on apprend à lire les signes », explique Hussein Ezzedine, un conducteur de bus de 56 ans. « Il va y avoir une guerre, et c'est pour bientôt », ajoute-t-il.
Mardi, un rassemblement de partisans du Hezbollah dans de nombreux quartiers de Beyrouth-Ouest, où cohabitent sunnites et chiites, a vite fait courir la rumeur qu'il s'agissait d'une répétition en prévision d'une prise de contrôle de la capitale.Toute la semaine, des SMS et des tracts anonymes ont incité les Libanais à fuir Beyrouth avant l'enfer. « J'ai reçu hier un message sur mon BlackBerry, qui disait que la situation était mauvaise et que nous devions quitter Beyrouth (...). Beaucoup de mes amis ont reçu le même message », explique un étudiant en marketing à la Lebanese American University (LAU), qui s'exprimait, comme la plupart des personnes interrogées, sous le couvert de l'anonymat.Les chaînes de télévision alimentent la psychose en traitant chaque incident mineur comme une information essentielle. Même le...
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