Barack Obama a espéré que la visite de Hu Jintao jetterait les bases de 30 années de coopération entre Washington et Pékin. Paul J. Richards/AFP
De son côté, M. Obama a assuré avoir été « très franc » pour signifier à M. Hu les opinions américaines « sur l'universalité de certains droits, de la liberté d'expression, de religion et d'association ». « L'histoire a montré que les sociétés sont plus harmonieuses, qu'elles prospèrent davantage et que le monde est plus juste quand les droits et les responsabilités de tous les pays et de tous les peuples sont respectés », a dit le président américain. Il a aussi souhaité « le dialogue entre la Chine et le dalaï-lama pour résoudre les divergences en préservant l'identité religieuse du peuple tibétain », alors que plusieurs centaines de militants de cette cause manifestaient devant la Maison-Blanche. En revanche, le nom du dissident chinois emprisonné et Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo n'a pas été prononcé pendant la conférence de presse.
M. Obama, qui rencontrait M. Hu pour la huitième fois en deux ans et a participé avec lui à un sommet avec des chefs de grandes entreprises américaines, a dit espérer que les deux pays pourraient laisser derrière eux les « frictions » du passé et « nous détacher des vieux stéréotypes ».
Le président a espéré également que la visite de son homologue chinois jetterait les bases de 30 années de coopération entre Washington et Pékin, et assuré que les États-Unis et la Chine avaient un « intérêt énorme » à réussir mutuellement. « Nous avons un intérêt énorme au succès de l'autre. Dans un monde interconnecté, dans une économie globalisée, des pays comme les nôtres seront plus prospères et plus en sécurité quand nous travaillerons de concert », a estimé le président américain.
M. Hu a pour sa part promis que son pays allait stimuler sa demande intérieure et sa consommation, traiter les entreprises américaines dûment immatriculées en Chine sur un pied d'égalité, et salué « l'avenir prometteur » du commerce entre les deux pays.
Washington a d'ailleurs annoncé la signature par la Chine de contrats évalués à 45 milliards de dollars avec des entreprises américaines, dont une commande de 200 avions Boeing d'une valeur totale estimée à 19 milliards, répondant au souhait de M. Obama de voir les Américains profiter davantage de l'expansion économique de la Chine, qui pourrait avoir connu une croissance à deux chiffres en 2010, selon des statistiques officieuses.
Lors de la conférence de presse, M. Obama n'a pas passé sous silence les points de discorde, comme la sous-évaluation de la monnaie chinoise, réclamant à nouveau un « ajustement ». Il a toutefois salué « la souplesse accrue de la Chine en matière de changes » et la disposition de Pékin à lutter contre le vol de propriété intellectuelle.
Mais MM. Hu et Obama ont aussi mentionné leurs points de convergence, en particulier sur les dossiers nucléaires nord-coréen et iranien, le président chinois disant en outre souhaiter davantage de coopération entre les armées chinoise et américaine.
Les dirigeants devaient se retrouver en soirée pour un très protocolaire dîner d'État, seulement le troisième en deux ans de présidence Obama.
Invitée, sur la chaîne ABC, à dire si les deux géants du début du XXIe siècle étaient amis ou ennemis, la secrétaire d'État Hillary Clinton a expliqué que « si nous déroulons le tapis rouge pour le président Hu, c'est qu'il nous semble que nous pourrons mieux répondre à cette question en avançant ». « Mon espoir, c'est que nous ayons une relation normale », a-t-elle ajouté, tandis que le chef de la majorité démocrate au Sénat et allié de M. Obama, Harry Reid, laissait transparaître la méfiance de bon nombre d'Américains envers la Chine en qualifiant M. Hu de « dictateur », avant de se rétracter.


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