En effet, un homme s'est immolé par le feu hier devant l'Assemblée du peuple au Caire, amenant le gouvernement à réagir en urgence pour minimiser la portée d'un geste rappelant celui du jeune Tunisien il y a près d'un mois. L'homme s'est versé de l'essence sur le corps avant d'y mettre le feu, mais un policier se trouvant à proximité est parvenu à rapidement éteindre les flammes. Il a été transporté dans un hôpital d'où il devrait sortir sous 48 heures après avoir été traité pour des brûlures superficielles, a assuré le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali. La presse n'était pas autorisée à le voir. L'Égypte, comme plusieurs autres pays du Moyen-Orient, a connu ces derniers mois des tensions sociales et des manifestations dues à l'inflation et au chômage.
En Mauritanie, un homme s'est aussi immolé par le feu hier près de la présidence de la République. L'homme entendait protester contre le traitement réservé à sa tribu, a-t-on précisé de sources policières. En Algérie, un homme donné pour mort dimanche après avoir tenté de s'immoler par le feu dans une ville proche de la frontière avec la Tunisie est en vie, mais dans un « état critique » à l'hôpital d'Annaba, a-t-on appris de source hospitalière. Trois autres Algériens ont tenté ces derniers jours de mettre fin à leurs jours en s'immolant par le feu, à l'instar du jeune Tunisien.
Parallèlement, le chef de l'opposition islamiste soudanaise, Hassan al-Tourabi, a estimé dans un entretien à l'AFP qu'un soulèvement populaire comme en Tunisie est « probable » au Soudan, plus vaste pays arabe sur le point de subir une partition et en proie à une inflation galopante. La population au Soudan « ne fait pas de manifestations, elle se bat », a-t-il affirmé. Au Maroc, la presse a salué hier la chute du président tunisien et souligné que cet événement est une « leçon » pour les responsables du Maghreb et du monde arabe. « Les peuples n'ont plus besoin d'être encadrés et contrôlés. Les événements de Tunisie ont montré que la rue a su imposer l'option qui lui semblait convenable », a écrit le quotidien arabophone al-Alam.
Par ailleurs, certains gouvernements prennent les devants et annoncent des aides sociales pour éviter tout débordement.
Ainsi, dans le Golfe, l'émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, a décidé hier d'octroyer 4 milliards de dollars à la population autochtone et d'offrir de la nourriture gratuite pour 14 mois, à l'occasion d'une série de festivités nationales dont le cinquantenaire de l'émirat. Cette annonce ne concerne pas les 2,4 millions de résidents étrangers. À Oman, quelque 200 personnes ont manifesté hier à Mascate pour protester contre la cherté de vie, un phénomène rare dans cette monarchie. Cette manifestion survient dans un contexte de craintes d'une contagion dans les pays arabes du soulèvement populaire en Tunisie.
Enfin, en Syrie, un décret présidentiel prévoit la création d'un « Fonds national pour l'aide sociale » d'un montant de 250 millions de dollars, destiné à venir en aide à quelque 420 000 familles parmi les plus défavorisées, ont indiqué hier des médias. Le gouvernement syrien a annoncé sa volonté d'investir 14 milliards de dollars dans le développement humain dans le cadre d'un plan quinquennal (2011-2015).


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