Un concept store branché. Joe Kesrouani
Ginette, le dernier mois de l'année 2010, est vite devenu l'arrêt obligé à Gemmayzé. Sans doute cette cédille qui fait toute la différence et qui résume bien l'image des lieux. Un espace clair, net, où le superflu, une sélection très définie d'accessoires, de bijoux, de cosmétiques, de montres, de casques, de livres, de meubles et quelques vêtements, devient aussitôt indispensable.
Ginette, pour faire plaisir à ses visiteurs privilégiés, leur offre un espace polyvalent, brillamment conçu par l'architecte Raed Abillama. Et des morceaux choisis rares et relativement chers, cela va de soi, locataires ravis d'un écrin spacieux où le beau est de ri-gueur. Le choix est certes limité et « bouge » toutes les deux semaines, la qualité de chaque produit est « premium », nous dit-on, ou conçu par un designer international, classique soit-il ou plus « funky ».
Le charme discret d'une certaine bourgeoisie est également de rigueur dans son café-restaurant éponyme qui prend en extérieur des airs de vacances et à l'intérieur un peu plus d'intimité avec son comptoir à gâteries Oslo et sa cuisine naturellement intégrée à l'ensemble. Dépaysant, agréable et bon, surtout que c'est Nayla Audi qui y conçoit la carte. « Du plaisir, un sourire », comme noté sur les menus, et des tartines avec le fameux pain Poilâne, des salades totalement inattendues où les lentilles et les frikés prennent des arômes plus jeunes, et des desserts basés, nous explique-t-elle, sur des saveurs subtiles. Elle a même concocté des parfums exclusifs pour sa non moins fameuse glace Oslo, à la vanille de Tahiti, ou encore au poivre du Népal avec des saveurs de pamplemousse et de fruits de la passion.
En étage, une salle est aménagée pour exposer des meubles de bureau de designers suisses et japonais et des travaux d'artistes contemporains, cinq toiles nous dit-on, pas plus...
Le lancement de Ginette s'est fait avec et en présence de l'artiste Hiroki Tsukuda. Deux semaines plus tard, Keiichi Tanaami y affichait son travail. Les peintres, qui font partie de la galerie d'art japonaise Nanzuka Underground, ont présenté des tableaux étonnants et peu ordinaires, qui trouvent bien leur place dans le concept des lieux. Ouvert de 9 heures à 21 heures, « nous ne voulons pas la jeune foule nocturne de Gemmayzé », dans un quartier qui a gardé son âme, loin des malls et autres artères plus commerçantes, Ginette est ainsi en train de devenir l'amie de toute personne à la recherche de quelque chose de différent et qui en a les moyens.


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