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Culture - Concert

Un air viennois au Grand Sérail

Esprit de musique viennoise dans la grande salle du Grand Sérail aux gigantesques lustres à pendeloques allumés avec, pour centre de mire, l'Orchestre philharmonique libanais placé sous la direction de maestro Robert Lehrbaumer. Pour l'archet du violon, en soliste, Claude Chalhoub. Des valses des Strauss (père et fils), oui, mais aussi des partitions de Suppé, Takács et Liszt. Un cocktail certes léger, mais bien enivrant.

L’Orchestre philharmonique libanais sous la houlette du maestro Robert Lehrbaumer saluant le public. (Ibrahim Tawil)

Pour un public trié sur le volet, maestro Robert Lehrbaumer, pour la sixième fois invité à diriger l'Orchestre philharmonique national (non, tranquillisez-vous, il y a cependant d'autres maestri en Autriche qu'on aura probablement l'occasion, peut-être un jour, le plaisir et l'honneur d'écouter et d'applaudir dans le proche ou lointain futur !), a concocté pour les mélomanes libanais un concert du Nouvel An avec un peu de retard quand même, puisque ce concert est donné le 14 et 15 janvier courant à l'église Saint-Joseph
Grande musique mêlant adroitement le faste des mesures à trois temps, mais aussi les accents aux trémolos mélancoliques, modernes et «bartokiens» de Jeno Takácks, révélation de la soirée, ainsi que les notes en cavalcade de Suppé, et un ample et romantique poème symphonique de Franz Liszt.
Ouverture brillante avec la Cavalerie légère de Franz von Suppé avec appel du clairon pour une chevauchée fantastique où cuivres et cordes, tout en se déchaînant crescendo, ont des rythmes au galop.
Au trot rapide des chevaux chargeant en pleine plaine, succède cette délicieuse Polka op 336 appelée Dans les bois du Krapfenwald où le coucou a des appels charmants tandis que les feuillages denses et touffus résonnent d'une musique singulière remplie du battement des ailes et du gazouillis des oiseaux.
On quitte cette promenade impromptue dans la forêt, toute en insouciance empreinte de la magie et de la poésie de l'enfance, pour un changement radical de ton avec la Méditation op 66a de Jenõ Takácks (mort en 2005 l'âge de 103 ans) pour violon et orchestre. Tendue, grave, chargée d'angoisse dans sa narration plaintive et stridente est cette méditation qui ne manque pas de quelques surprenants pizziccati.
Dans le même registre, la Rhapsodie op 49 prend le relais pour des cadences plus marquées et un violon surtout plus emporté et fougueux.
Tonnerre d'applaudissements pour Claude Chalhoub dont l'interprétation est au-dessus de tout éloge. Abstraction faite du sens de la nuance de l'artiste, on retient surtout une remarquable netteté du son et une célérité toujours admirablement maîtrisée au cœur même des passages les plus échevelés.
Place aux Préludes du compositeur des Rhapsodies hongroises dont la mélodie ici est un majestueux et imposant poème symphonique, fluide et torrentiel à la fois comme un fleuve qui serpente dans un paysage somptueux. Par-delà orage, tempête, embellie ou riche palette d' émotions passionnées, il y a là une véritable transcription de la poésie lamartinienne pour un lyrisme languide où les notes remplacent les mots.
Pour conclure en toute légèreté, retour à une sémillante polka-mazur intitulée La Libellule de Josef Strauss. Soyeux et impalpables sont ces tourbillons de vols d'un papillon ivre de lumière. Et la musique semble se rapprocher furtivement, amoureusement et en douceur des têtes de lampe qui diffusent brusquement une joyeuse source de sons, telle cette libellule imprudente, mais follement éprise, qui se brûle les ailes à force de vouloir se réchauffer.
Éclosion des couleurs, éclatement des bourgeons, force vive de la nature, sève qui monte, telle est cette tourbillonnante valse à couper le souffle, nommée à juste titre Voix du printemps, de Johan Strauss fils.
Plaisir des valses qui mettent toujours du baume au cœur et plongent l'auditoire dans une rassurante euphorie. Un auditoire charmé de toute évidence puisque ses salves d'applaudissements épousent énergiquement les dernières mesures qui vont paisiblement mourir entre passementeries des rideaux, boiseries sculptées du plafond et marbre ornant les murs.
Pour rester dans le sillage de ces vertigineux airs des salons viennois qui ont saisi le Grand Sérail, voilà que le Danube lâche à grande eau ses flots bleus...Le voyage n'a rien perdu de sa magie : cela opère toujours !
Pour un public trié sur le volet, maestro Robert Lehrbaumer, pour la sixième fois invité à diriger l'Orchestre philharmonique national (non, tranquillisez-vous, il y a cependant d'autres maestri en Autriche qu'on aura probablement l'occasion, peut-être un jour, le plaisir et l'honneur d'écouter et d'applaudir dans le proche ou lointain futur !), a concocté pour les mélomanes libanais un concert du Nouvel An avec un peu de retard quand même, puisque ce concert est donné le 14 et 15 janvier courant à l'église Saint-JosephGrande musique mêlant adroitement le faste des mesures à trois temps, mais aussi les accents aux trémolos mélancoliques, modernes et «bartokiens» de Jeno Takácks, révélation de la soirée, ainsi que les notes en cavalcade de Suppé, et un ample et romantique poème symphonique de Franz Liszt.Ouverture...
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