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Liban - Éclairage

En attendant le bilan des pertes et profits

C'est à Washington, où il était en réunion avec le président américain Barack Obama, que Saad Hariri a appris la démission des ministres du 8 Mars de son cabinet, mercredi dernier. L'heure de cette annonce n'était pas fortuite, justement, 17h à Beyrouth, 10h à Washington, parce qu'elle coïncidait avec le début de la rencontre entre les deux hommes.
Le message est clair et il est double : d'un côté, répondre aux pressions exercées par les Américains sur les Saoudiens et sur la majorité libanaise, pressions qui ont fait capoter l'initiative syro-saoudienne, et, de l'autre, affaiblir Saad Hariri en le privant de son statut de Premier ministre.
Le cabinet est donc tombé, moyennant « le précieux concours » du ministre d'État Adnane Sayyed Hussein, et cela a créé une nouvelle situation sur le terrain ainsi que la nécessité de former un nouveau gouvernement.
Les raisons qui ont motivé cette démission seraient les suivantes : d'abord sortir le pays de la paralysie et de la division qui prévalaient, empêcher ensuite le Premier ministre de proposer 10 noms en remplacement des ministres démissionnaires et, enfin, éviter à tout prix une réédition de la situation du gouvernement Siniora de 2007.
Selon des sources proches de l'opposition, la chute du cabinet serait pour elle une bonne affaire, lui assurant un avantage au niveau de la négociation d'un compromis avant la parution de l'acte d'accusation.
C'est d'ailleurs pour cette raison que le 8 Mars veut précipiter la formation du gouvernement. Ainsi, au cas où les choses restaient inchangées, à savoir la position du 14 Mars et le refus de Saad Hariri de céder à un compromis, l'opposition utiliserait la carte Joumblatt pour faire basculer l'équilibre des forces à la Chambre et devenir de cette manière la nouvelle majorité.
Auquel cas, cette dernière formerait un gouvernement qui, après avoir tendu la main à la nouvelle minorité et dans le cas du refus de celle-ci à participer au cabinet, prendrait toutes les mesures constitutionnelles et légales pour annuler le TSL et transférer le dossier à la justice libanaise. En bref, le 8 Mars prendrait le pouvoir.
Quoi qu'il en soit, l'opposition se réunira lundi prochain pour choisir le nom du Premier ministre qu'elle proposera et définir les étapes prochaines ainsi que les différents rôles dans le processus d'escalade programmé.
À ce propos, certaines rumeurs font état d'invitations adressées aux piliers de l'opposition à se rendre en Syrie. Or, c'est justement la Syrie et l'opposition que la majorité met en cause dans l'échec des négociations syro-saoudiennes, soulignant que la situation actuelle les libère de l'épée de Damoclès que représente le TSL ainsi que de l'acte d'accusation qui en découlera.
Cependant, certaines sources loyalistes assurent que la position de Saad Hariri n'a jamais été plus solide qu'aujourd'hui et que la situation actuelle le délie justement des concessions que certaines pressions le poussaient à faire, à l'ombre des tractations syro-saoudiennes. Il en va de même pour le 14 Mars en général, qui se trouve du coup également libéré des pressions étrangères.
Évidemment, le changement dans l'équilibre des forces ne fait pas partie des prévisions de la majorité, qui soutient à nouveau et exclusivement la nomination de Saad Hariri pour le poste de Premier ministre. Le 14 Mars, qui fait remarquer que l'opposition a doublement violé l'accord de Doha, d'abord politiquement, en présentant sa démission du cabinet, et au niveau sécuritaire, après les incidents de Bourj Abi Haïdar, se considère libre de toute contrainte à l'égard de cet accord.
Les loyalistes notent cependant une divergence entre l'agenda syrien et celui de l'opposition. La Syrie se montre en effet très attentive aux résultats de la confrontation politique entre les États-Unis et certaines forces régionales, surtout à la suite de la volonté ferme de la France de prendre une part active dans le processus de règlement du conflit libanais. Règlement qui ne peut avoir lieu que si les forces voisines cessent d'utiliser le Liban comme une arène pour régler leurs conflits, ou comme un moyen de pression régionale.
C'est à Washington, où il était en réunion avec le président américain Barack Obama, que Saad Hariri a appris la démission des ministres du 8 Mars de son cabinet, mercredi dernier. L'heure de cette annonce n'était pas fortuite, justement, 17h à Beyrouth, 10h à Washington, parce qu'elle coïncidait avec le début de la rencontre entre les deux hommes.Le message est clair et il est double : d'un côté, répondre aux pressions exercées par les Américains sur les Saoudiens et sur la majorité libanaise, pressions qui ont fait capoter l'initiative syro-saoudienne, et, de l'autre, affaiblir Saad Hariri en le privant de son statut de Premier ministre.Le cabinet est donc tombé, moyennant « le précieux concours » du ministre d'État Adnane Sayyed Hussein, et cela a créé une nouvelle situation sur le terrain ainsi que la...
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