Séance relaxation sur des fauteuils-massage pour des visiteurs du Salon.
Au grand Salon de l'électronique, les organisateurs ont mis sur pied un « sommet de la santé numérique », avec des débats sur des thèmes comme « Un docteur dans la main : explorer les options de la santé mobile » ou « Les technologies motivent-elles pour rester en bonne santé ? ».
Pour les exposants, la diffusion des appareils électroniques personnels peut mener à une réduction importante du coût de la santé, en donnant aux gens la possibilité de mieux s'impliquer en surveillant eux-mêmes comment ils vont, et en facilitant les communications entre médecins et patients.
« L'intersection de la santé et de la technologie est vraiment au bord d'exploser », pour Jason Goldberg, 33 ans, président et fondateur de la société canadienne Ideal Life, qui fabrique des appareils de monitoring.
« Autrefois, la technologie avait un coût prohibitif », ajoute-t-il. « Mais maintenant, je peux être assis à ma table de cuisine pendant que je vérifie mon taux de glucose dans le sang », et transmettre le résultat de l'analyse en temps réel au médecin traitant, grâce à un appareil qui coûte moins de 100 dollars.
Elliot Sprecher, un spécialiste de l'analyse des données à la société iDesia, qui vend un capteur du pouls, estime que la diffusion de la technologie numérique devrait déboucher « sur une meilleure prise de conscience de leur propre santé physique par les patients » : « Par exemple, un électrocardiogramme, on en fait peut-être un par an. (...) Ce n'est pas assez pour dépister la possibilité d'un vrai problème cardiaque. »
Alors que « si on vérifie tous les jours, on finit par voir les conséquences d'un mauvais mode de vie, ajoute M. Sprecher. À l'inverse, on verrait des améliorations si on commençait un programme d'activité physique. »
Pour M. Goldberg, d'Ideal Life, l'électronique est particulièrement utile pour gérer des maladies chroniques, avec un tensiomètre ou un appareil de mesure du glucose, des appareils « simples, faciles à utiliser, abordables, familiers ».
Chuck Parker, le directeur exécutif du collectif Continua, qui réunit plusieurs sociétés veillant à la compatibilité des appareils médicaux, est convaincu que les technologies numériques « ont la possibilité de vraiment faire baisser le coût global de la santé ».
Si ce sont les patients qui font des relevés, et qu'ils peuvent les envoyer eux-mêmes au praticien qui peut réagir, cela peut réduire le nombre de visites aux services d'urgences.
Un consultant sur les technologies dont le siège est à Baltimore (est des États-Unis), Amar Setty, regrette seulement la persistance d'obstacles empêchant de tirer tout l'avantage possible de la révolution en cours.
« Il y a trop de vendeurs qui vendent trop de systèmes fermés », regrette M. Setty, qui juge également que la promesse des dossiers médicaux numérisés reste à réaliser.
« La confidentialité et la responsabilité sont des questions importantes, dit-il, les gens ont d'une certaine façon peur d'entrer là-dedans » : « Les médecins ont un peu peur parce qu'ils ne veulent pas être poursuivis s'ils laissent publier le dossier médical d'un patient. »
En même temps, M. Setty assure avoir vu « beaucoup d'applications mobiles vraiment intéressantes - surtout pour les gens qui veulent faire de l'activité physique : des applis qui les aident à se motiver et qui assurent un suivi des données ».
« Je crois vraiment que pour le moment, le secteur s'intéresse aux gens qui sont motivés pour prendre en main leur santé, conclut-il. Ce que je cherche personnellement, c'est quelque chose qui s'adresse à tous. »

