La délégation de Dar el-Fatwa, hier, en compagnie de Mgr Boulos Matar.
« Un tel crime porte atteinte au dialogue de la vie qui a lieu entre les différentes religions et qui caractérise notre monde arabe connu pour être le creuset des religions depuis des siècles », a ajouté le président.
À son tour, le ministre d'État Adnane Sayyed Hussein a affirmé que le « Liban est directement concerné par ce qui s'est passé en Égypte du fait de l'existence des chrétiens en son sein ». Le ministre a tenu à rappeler que « les chrétiens, bien avant l'avènement de l'islam et des musulmans, étaient à l'origine du Proche-Orient. Personne ne saurait nier leur rôle au plan de la renaissance culturelle dans la région ».
La députée de Saïda, Bahia Hariri, s'est également rendue sur place pour présenter ses condoléances aux responsables religieux coptes.
Pour sa part, une délégation des Forces libanaises, composée notamment des députés Antoine Zahra, Farid Habib, Joseph Maalouf, Chant Chinchinian, ainsi que du secrétaire général des FL, le général à la retraite Wehbé Qaticha, s'est rendue auprès du père Orachalimi. À l'issue de la visite, M. Zahra a prononcé un mot au nom de la délégation, précisant que la visite vise à exprimer « la solidarité des FL avec la communauté copte et leur respect pour son attachement à son territoire exprimé par son refus de tout message négatif et sa détermination à brandir le message de l'amour ». Et de poursuivre : « Celui qui croit qu'en visant les chrétiens il peut les arracher à leur terre est naïf, car le Moyen-Orient ne peut exister que sur base de la coexistence de divers groupes qui sont ouverts les uns aux autres. Tout regroupement cloisonné ne pourra y survivre », a-t-il indiqué. M. Zahra a repris les propos du chef des FL, Samir Geagea, qui avait insisté il y a deux jours sur la nécessité de préserver les communautés chrétiennes « dans l'ensemble des sociétés arabes car ce sont elles qui confèrent à cette région sa dimension civilisatrice ».
Réagissant de son côté aux propos de M. Geagea qui avait affirmé la veille que le danger qui menace les chrétiens au Liban provenait des chrétiens eux-mêmes, le membre du Bloc du Changement et de la réforme, Nabil Nicolas, a noté que la peur des chrétiens « vient du fait que certains d'entre eux misent sur Israël et les Américains ». Selon lui, il y a un exode chrétien où que se trouvent l'Américain et l'Israélien.
S'est également rendue à l'église copte une délégation du bureau politique des Kataëb qui a présenté au père Orachalimi les condoléances du chef du parti, Amine Gemayel. Prenant la parole, le chef de la délégation, le vice-président du parti, Chaker Aoun, a estimé que cette visite est l'occasion d'exprimer la compassion des Kataëb avec la communauté visée, relevant que ce qui s'est passé est étranger à tout comportement humain normal. « Cette action terroriste nous rappelle les incidents qui ont lieu en Irak et qui se sont étendus à l'Égypte. Ces actes terroristes doivent concerner l'humanité entière. Personne n'est exempt de la responsabilité à l'égard de ce qui s'est passé », a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de faire face à ce fléau qui, selon lui, risque de se répandre de manière incontrôlée.
Pour sa part, le patriarche arménien-catholique de Cilicie, Nersès Bedros IX, a envoyé un télégramme au pape des Coptes, Chenouda III, dans lequel il stigmatise l'attentat contre l'église Saints-Paul-et-Marc qui, a-t-il dit, « est loin des valeurs de la société égyptienne et s'inscrit dans le cadre d'une série noire visant l'unité de la composition particulière de la société égyptienne ». « Il semble qu'une nouvelle phase du plan visant à vider le Proche-Orient de ses chrétiens a commencé », a relevé le patriarche, qui a exprimé sa solidarité avec les familles des victimes innocentes ainsi que sa crainte pour les citoyens égyptiens dans leur ensemble. Il a par ailleurs invité le gouvernement égyptien à œuvrer en vue de la protection des chrétiens dans ce pays.
De son côté, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel-Amir Kabalan, a pris contact avec le patriarche Chenouda III, pour lui présenter ses condoléances et souhaiter aux blessés un rétablissement rapide, après avoir condamné l'acte terroriste. Le dignitaire chiite est également entré en contact avec le père Orachalimi. Dans une déclaration, cheikh Kabalan a affirmé que « la région arabe est exposée à des complots pernicieux qui ont pour objectif de répandre la discorde confessionnelle et communautaire ». Il a invité les Arabes à y faire face par le biais de la solidarité et de l'unité.
Réagissant à son tour au drame d'Alexandrie, une délégation représentant le mufti de la République, présidée par cheikh Ziad Saheb, a vivement dénoncé, de chez l'évêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, l'attentat contre l'église copte, affirmant qu'elle est loin de l'enseignement de l'islam. » L'islam n'a rien à voir avec ces actes terroristes et avec la violence, notamment celle qui porte en elle les germes de la zizanie « , a-t-il dit.
Le ministre de l'Information, Tarek Mitri, a reçu pour sa part une délégation du Comité arabe du dialogue islamo-chrétien qui a notamment regroupé Mohammad Sammak, Hani Fahs et le juge Abbas Halabi. À l'issue de la rencontre, ce dernier a indiqué « que les condamnations ne suffisent pas. Il faut agir. Ce qui est demandé, ce sont des initiatives bien pensées que nous devons prendre en tant que groupe avec l'ensemble de la société civile. Ce qui s'est passé à l'encontre des chrétiens à Alexandrie et auparavant en Irak n'est pas admissible. Ce sont des crimes qui sont commis contre les chrétiens aussi bien que les musulmans », a-t-il dit.
De son côté, le ministre des Déplacés Akram Chehayeb a rendu visite à Mgr Matar. Au terme de l'entretien, il a affirmé aux journalistes avoir abordé avec le prélat les récents événements qui se sont déroulés en Irak, en Égypte et en Palestine, « notamment les actions et crimes qui ont lieu dans ces pays et qui n'on rien à voir avec la religion ».
Loin de Beyrouth, à Tyr, un sit-in a été organisé par des Libanais et des Palestiniens, regroupant notamment des responsables religieux chrétiens et musulmans, dont l'évêque maronite de Tyr, Mgr Chucrallah Nabil Hajj, et le représentant de l'évêque grec-catholique melkite, le métropolite Georges Bakaouni. Prenant la parole, le responsable des Comités populaires palestiniens à Tyr, Ihsan el-Jamil, a exprimé « la solidarité des Palestiniens avec les chrétiens d'Égypte et dénoncé le complot ourdi contre leur présence et leur liberté de croyance » . Il a également stigmatisé « les voix qui affirment que les chrétiens sont en danger en Orient et qu'ils doivent s'en aller ».
La Fédération générale des journalistes arabes a enfin qualifié de « véritable tragédie » le drame d'Alexandrie et appelé à contrer le « terrorisme aveugle », soulignant la nécessité pour les Égyptiens de serrer les rangs pour y faire face.


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