Les tablettes comblent un besoin d’outils permettant de remplir des moments libres imprévus, tout en minimisant le temps hors ligne.
«Apple l'a fait et, grâce à lui, les tablettes sont un succès, remarque un analyste du cabinet Gartner, Ken Dulaney. Il va y avoir beaucoup de gens qui essaieront de les battre, mais tout se passera comme avec les iPod : tout le monde en veut.»
Pour l'analyste de Forrester Research, Sarah Rotman Epps, les nouvelles habitudes nées de l'âge d'Internet ont fait de l'iPad un succès.
«Les consommateurs travaillent tout le temps, ils ont moins de temps pour se détendre et moins d'argent à dépenser, mais ils veulent toujours maximiser leur joie de vivre», a expliqué Mme Rotman Epps.
Tandis que les semaines de travail n'ont cessé de s'allonger, avec la prolifération d'appareils permettant de rester en lien jour et nuit avec le bureau, «les tablettes comblent un besoin d'outils permettant de remplir des moments libres imprévus, tout en minimisant le temps hors ligne».
Selon les données de Forrester, 26% des acheteurs américains de l'iPad l'utilisent à la fois pour les loisirs et le travail. C'est dans le salon qu'on l'utilise le plus, puis dans la
chambre.
«Les gens utilisent des tablettes pour lire le Wall Street Journal, ou regarder la télévision au lit, d'après Mme Rotman Epps. Elles remplacent, dans certaines circonstances, les téléphones portables, la télévision ou le journal imprimé.»
Leur popularité est alimentée par l'offre de contenus adaptés fournis par des groupes de médias séduits par les promesses de l'appareil, à commencer par les grands titres de la presse mondiale.
Le groupe News Corp. de Rupert Murdoch est en outre en train de préparer un quotidien spécialement conçu pour l'iPad, The Daily, tandis que le milliardaire britannique Richard Branson a déjà lancé un mensuel, The Project.
Du côté des industriels, les concurrents d'Apple se préparent. Cette semaine, Samsung a annoncé que sa tablette Galaxy Tab, utilisant le système d'exploitation Android conçu par Google et lancée à l'automne, s'était déjà écoulée à un million d'exemplaires,
selon la presse coréenne.
Pour Microsoft, les tablettes sont une « priorité », et le groupe pousse ses partenaires industriels à sortir ces produits. Un premier appareil de Hewlett-Packard, au prix élevé (800 dollars, pour un premier prix de 500 dollars pour l'iPad), n'a cependant eu qu'un lancement confidentiel. Enfin Research in Motion prépare son PlayBook, destiné à séduire les amateurs de son téléphone BlackBerry.
Au total, Forrester prédit qu'il y aura 75 millions d'utilisateurs de tablettes aux États-Unis dès 2015.
L'impact sur le marché plus général de l'informatique est encore incertain. Certains, comme le patron d'Intel, Paul Otellini, y voient un appareil qui s'achète en plus d'un ordinateur, pas à la place.
Mais chez Gartner, l'analyste Ranjit Atwal a estimé récemment que «sur le court terme, en tout cas d'ici à cinq ans», tablettes et smartphones vont «être non plus des compléments» des ordinateurs, «mais leurs substituts».
En outre, Forrester prédit une pression sur les prix: certains consommateurs estiment que ce n'est pas la peine de payer plus de 140 dollars de plus pour s'acheter un ordinateur portable au lieu d'une tablette.

