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Sport

Jean-Baptiste Grange, ça fait mal !

Gravement blessé au genou fin 2009, Jean-Baptiste Grange a raté les JO mais a renoué avec la victoire dès son slalom de reprise. Trop vite ?
Des skieurs alpins français en activité, il a de loin le palmarès le plus dense, mais sa relation avec le grand public - celui qui jette un œil sur le ski à l'occasion des grandes compétitions - reste de l'ordre du malentendu. Remarqué grâce à une médaille de bronze surprise aux Mondiaux 2007, Jean-Baptiste Grange s'est depuis imposé comme le meilleur slalomeur des trois dernières saisons : 2e mondial en 2008, vainqueur de cristal du globe en 2009, le skieur de Valloire compte déjà sept victoires (dont un supercombiné) et quatorze podiums à son actif. Il était encore porteur du dossard rouge (leader de la discipline) de slalom quand son genou droit a lâché lors du géant de Beaver Creek le 6 décembre 2009. De la piste olympique de Whistler, il n'aura que l'écho télévisé. Un rôle de spectateur frustrant où il voit Giuliano Razzoli, mené par son ancien entraîneur Jacques Théolier, faire main basse sur le titre olympique. « La période des Jeux n'a pas été évidente, a-t-il reconnu a posteriori. Inconsciemment, j'étais plus nerveux, pas déprimé mais cela m'a fait quelque chose. »
La solitude du blessé, l'émotion du revenant, le skieur de 26 ans les a laissés après neuf mois de convalescence dans la cabane de départ dès son retour sur le circuit. Un top 15 dans le géant avorté de Sölden et surtout une victoire éclatante pour le premier slalom de l'hiver à Levi. Meilleur chrono de la première manche, des nerfs d'acier et une technique sans faille dans la deuxième : du pur JB. « Il y avait beaucoup d'émotion. C'est l'une des premières fois que les larmes me montent aux yeux », lâchait le grand brun à sa descente du podium. Aussi réservé d'abord que son pote Lizeroux est expansif, aussi précis dans le choix de ses mots que dans celui de ses trajectoires, Grange prévenait en même temps : « Après une blessure, on a toujours envie de revenir vite et fort. Je sais juste qu'il me faudra peut-être un peu de temps pour revenir à mon meilleur niveau. »
Le retour sur les podiums n'a pas encore clos la parenthèse meurtrie de la blessure. « Revenir aussi fort implique évidemment un contre-coup physique et mental », estimait la semaine dernière le DTN Fabien Saguez. Grange venait d'abandonner les trois dernières courses auxquelles il a participé : le géant de Beaver Creek, 364 jours après y avoir laissé un ligament, le géant puis le slalom de Val-d'Isère. Près de deux ans après les Mondiaux en France où il avait été intronisé sauveur de la nation ski, ces derniers échecs devant le public français raniment l'hypothèse d'un athlète en retrait dans les grands rendez-vous. « C'est n'importe quoi, a répondu Lizeroux. Il a gagné le globe de cristal. C'est ce qui a le plus de valeur sportive. » Malgré son zéro pointé à Val-d'Isère, Grange reste, lui, leader de la Coupe du monde de slalom. Et rêve tout haut des Mondiaux de Garmisch. Être au départ pour se faire mal : la souffrance de l'effort pour oublier la douleur de la blessure.
Des skieurs alpins français en activité, il a de loin le palmarès le plus dense, mais sa relation avec le grand public - celui qui jette un œil sur le ski à l'occasion des grandes compétitions - reste de l'ordre du malentendu. Remarqué grâce à une médaille de bronze surprise aux Mondiaux 2007, Jean-Baptiste Grange s'est depuis imposé comme le meilleur slalomeur des trois dernières saisons : 2e mondial en 2008, vainqueur de cristal du globe en 2009, le skieur de Valloire compte déjà sept victoires (dont un supercombiné) et quatorze podiums à son actif. Il était encore porteur du dossard rouge (leader de la discipline) de slalom quand son genou droit a lâché lors du géant de Beaver Creek le 6 décembre 2009. De la piste olympique de Whistler, il n'aura que l'écho télévisé. Un rôle de spectateur frustrant où il...
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