Sourire aux lèvres, M. Maliki accueille avec joie les félicitations des parlementaires. Photo Reuters
Les députés ont également approuvé le programme gouvernemental en 43 points. Il prévoit « de passer d'une économie centralisée à une économie de marché, de lutter contre la corruption, accroître la production pétrolière, encourager les investissements, lutter contre le terrorisme et le confessionnalisme ».
Le chef du gouvernement, qui entame son second mandat, a précisé dans son discours que neuf portefeuilles n'avaient pas encore trouvé de titulaires. « J'ai décidé de retarder ces nominations pour deux raisons : j'avais demandé à tous les groupes politiques de proposer des femmes et je ne vous cache pas que je n'ai reçu qu'une seule candidate et ce n'est pas assez », a expliqué M. Maliki aux députés. « Par ailleurs, j'essaie de choisir les meilleurs et les plus expérimentés mais malheureusement j'ai reçu certaines (candidatures) très tard, y compris aujourd'hui, et j'ai besoin de temps pour les examiner », a-t-il ajouté.
La quasi-absence de femmes a été raillée par la députée kurde Ala Talabani. « Aujourd'hui la démocratie a été décapitée par le sexisme comme elle l'a été autrefois par le confessionnalisme. Je suggère à M. Maliki de choisir même un homme pour le ministère des droits de la femme puisque vous ne faites pas confiance aux femmes », a-t-elle déclaré. Le précédent gouvernement comptait quatre femmes.
Ce cabinet est totalement renouvelé en dehors du Premier ministre, d'un vice-Premier ministre kurde et de l'indéboulonnable chef de la diplomatie en poste depuis 2003, Hoshyar Zebari, du ministre de la Jeunesse et des Sports et de deux secrétaires d'État. Deux anciens ministres changent de poste.
Le chef de la liste laïque Iraqiya, le rival de M. Maliki, et qui a longtemps espéré occuper son poste, a proposé de « tourner la page ». « Nous espérons que le gouvernement, né dans la douleur, réussira pour le bien de la population et nous lui apportons notre plein soutien », a déclaré à la tribune Iyad Allawi.
« Ce cabinet ne représente pas l'ambition du Premier ministre mais celles des groupes politiques. (M. Maliki) aurait préféré diriger un gouvernement basé sur une majorité (parlementaire) plutôt qu'un cabinet d'alliances. Mais les résultats des élections ont fait qu'un gouvernement de la majorité aurait été un gouvernement d'une seule couleur confessionnelle, ce qu'il a voulu éviter », a indiqué un proche conseiller du Premier ministre Ali Moussawi. Les législatives de mars ont été marquées par le confessionnalisme. Les chiites ont voté pour la liste de l'État de droit de M. Maliki et l'Alliance nationale irakienne, alors que les sunnites se sont prononcés en masse pour la liste laïque Iraqiya de l'ancien Premier ministre Iyad Allawi.
La formation du gouvernement a été accueillie avec plaisir par les États-Unis, Barack Obama affirmant qu'il s'agissait d'un « moment important de l'histoire » de l'Irak.


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