Pour l'année à venir, le besoin de financement de la France s'élève à 187 milliards d'euros, indique l'AFT dans un communiqué. Ce montant a été légèrement revu à la baisse par rapport à celui de 189,4 milliards d'euros arrêté fin septembre.
Le besoin de financement 2011 prend en compte un déficit du budget de l'État prévu à 91,6 milliards d'euros en 2011, le remboursement de 94,8 milliards de dette à moyen et long terme venant à échéance ainsi que de 600 millions de dettes reprises par l'État. Outre les émissions obligataires dont le montant vient d'être annoncé, le besoin de financement sera également couvert par des annulations de titres par la Caisse de la dette publique à hauteur de 2,9 milliards d'euros. Comme au cours des années précédentes, l'Agence France Trésor a indiqué qu'elle ajusterait ses émissions pour répondre à la demande et assurer la liquidité des titres.
Dans le détail, l'AFT procédera à l'émission d'une nouvelle souche de référence à 2 ans, de deux nouvelles souches de référence à 5 ans et d'une nouvelle souche de référence à 10 ans. L'agence de la dette étudierait également « les perspectives d'émission d'autres nouvelles souches de référence à très long terme, notamment sur les maturités 15 ans et 30 ans », si la demande « venait à se justifier ». En 2010, elle avait créé une nouvelle obligation à 50 ans, qui avait suscité un fort intérêt de la part des investisseurs, notamment étrangers.
Concernant les titres indexés sur l'inflation, l'AFT examinera également l'opportunité d'émettre des nouvelles obligations dont une nouvelle ligne à 15 ans indexée sur l'inflation européenne (OAT€i) et une autre à 5 ans indexée sur l'inflation française (OATi).
En outre, l'AFT indique que « la politique de réduction de la durée de vie moyenne de la dette engagée en 2001 demeure temporairement suspendue », en raison des conditions de marché. Le marché obligataire a subi de nombreuses turbulences cette année, en raison de la crise de la dette en zone euro. Profitant de ces inquiétudes, le rendement de l'OAT française a atteint cette année son plus bas historique avant de nettement remonter en fin d'année. La durée de vie d'un emprunt correspond à la période qui sépare l'émission d'un titre de son remboursement. En 2010, l'État français avait prévu d'emprunter 188 milliards d'euros, un chiffre qui prenait en compte le grand emprunt.
Le montant des emprunts bruts à moyen et long terme pour l'année 2010 a finalement atteint 210,7 milliards d'euros répartis entre 102,4 milliards d'euros d'OAT à taux fixe, 20,4 milliards d'euros d'obligations indexées sur l'inflation (OATi et OAT€i) et 87,9 milliards d'euros de BTAN. Les emprunts bruts ont également servi à financer des rachats de titres à échéance 2011-2012.

