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Moyen Orient et Monde - Côte D’Ivoire

Gbagbo de plus en plus isolé

L'isolement de Laurent Gbagbo, un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, s'est encore accru hier avec l'imposition de sanctions par l'UE. Le Conseil de sécurité de l'ONU a, de son côté, réaffirmé « qu'il est prêt à imposer des mesures contre ceux qui menacent la paix » à Abidjan.
Le chef de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) Choï Young-jin, a dénoncé hier l'accroissement des « actes hostiles » commis depuis le 15 décembre « par le camp du président (Laurent) Gbagbo à l'endroit de la communauté internationale, y compris le corps diplomatique ». Il a affirmé que depuis samedi, le camp Gbagbo avait, surtout la nuit, « commencé à envoyer de jeunes gens armés aux domiciles des personnels des Nations unies pour (...) demander la date de leur départ ou (...) pour y effectuer des fouilles sous prétexte de chercher des armes ». « Cependant, toutes ces actions n'empêcheront pas l'Onuci de mener à bien sa mission. Souvenons-nous de l'une des maximes de Winston Chruchill : "Si tu traverses l'enfer, ne t'arrêtes pas" », a-t-il déclaré.
Le retrait des Casques bleus de l'Onuci, ainsi que des soldats français de Licorne, a été exigé ce week-end par Laurent Gbagbo qui les accuse d'avoir pris parti et de soutenir militairement le camp d'Alassane Ouattara, reconnu président par presque toute la communauté internationale.
À Bruxelles, l'Union européenne (UE) a décidé de sanctionner M. Gbagbo et 18 de ses proches en leur interdisant de voyager sur son territoire. Les restrictions de déplacement concernent des responsables de la sécurité, des membres du parti au pouvoir, des responsables de l'armée, ainsi que Laurent Gbagbo lui-même et sa femme Simone.
Par la voix du président Nicolas Sarkozy, la France, ancienne puissance coloniale en Côte d'Ivoire, avait lancé vendredi un ultimatum à Gbagbo, l'enjoignant à quitter le pouvoir d'ici à dimanche soir sous peine d'être frappé par de telles sanctions.
La décision de sanctions de l'UE survient au lendemain des accusations de la haut-commissaire aux Droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay, selon laquelle les violences contre des partisans de M. Ouattara ont fait « plus de 50 morts » ces trois derniers jours. Elle a dénoncé des « violations massives des droits de l'homme », évoquant en particulier des enlèvements commis de nuit par des « individus armés non identifiés en tenue militaire », accompagnés par des soldats et miliciens fidèles à Laurent Gbagbo.
Le ministre de l'Intérieur de Gbagbo, Émile Guiriéoulou, a rejeté ces accusations, parlant d'un « rapport partisan ». « Les violences de ces derniers jours ont fait près de 14 tués par balles dans le rang des Forces de défense et de sécurité (FDS) » fidèles à M. Gbagbo, a-t-il affirmé à l'AFP.
L'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) a exhorté pour sa part l'ONU à « corser » le mandat de ses forces en Côte d'Ivoire face aux exactions contre les populations ivoiriennes. « Nous voulons que l'ONU et la communauté internationale aillent au-delà de ces condamnations et de ces déclarations pour agir de façon véritable sur le terrain et sauver le peuple de Côte d'Ivoire », a déclaré le porte-parole des FN à Bouaké, Félicien Sékongo, à l'issue d'un entretien avec les responsables militaires du détachement de l'Onuci.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est réuni hier soir, a prolongé de six mois le mandat de sa mission en Côte d'Ivoire. Selon la résolution adoptée hier, le Conseil de sécurité a également brandi la menace de nouvelles « sanctions ciblées » contre ceux qui menacent la paix et le processus électoral en Côte d'Ivoire.
La crainte d'attaques est renforcée par les appels à combattre pour « la dignité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire » de Charles Blé Goudé, leader des « jeunes patriotes », fervents partisans de Laurent Gbagbo, qu'il est en train de lancer dans les quartiers d'Abidjan. Devenu ministre de la Jeunesse de Gbagbo, M. Blé Goudé a été le fer de lance des violentes manifestations antifrançaises de 2003 et 2004 à Abidjan.
Le chef de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) Choï Young-jin, a dénoncé hier l'accroissement des « actes hostiles » commis depuis le 15 décembre « par le camp du président (Laurent) Gbagbo à l'endroit de la communauté internationale, y compris le corps diplomatique ». Il a affirmé que depuis samedi, le camp Gbagbo avait, surtout la nuit, « commencé à envoyer de jeunes gens armés aux domiciles des personnels des Nations unies pour (...) demander la date de leur départ ou (...) pour y effectuer des fouilles sous prétexte de chercher des armes ». « Cependant, toutes ces actions n'empêcheront pas l'Onuci de mener à bien sa mission. Souvenons-nous de l'une des maximes de Winston Chruchill : "Si tu traverses l'enfer, ne t'arrêtes pas" », a-t-il déclaré.Le retrait des Casques bleus de l'Onuci,...
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