« Le Parlement a reçu le programme et les noms (des ministres). Il y aura une session mardi après 14h00 (11h00 GMT) pour voter sur les nouveaux ministres », a annoncé le président de la Chambre des députés, Oussama al-Noujaifi. « Notre désir est de mettre en place un gouvernement fort capable de résoudre la crise que traverse le pays », a-t-il ajouté. Selon une source parlementaire, M. Maliki a fourni les CV de seulement 29 ministres, soit environ 70 % des postes à pourvoir. « Demain (aujourd'hui mardi), les noms seront annoncés et (d'autres) nécessitent encore d'être étudiés », a expliqué M. Maliki. « Le processus de distribution des postes a été difficile. La formation d'un gouvernement d'unité nationale est une tâche complexe car vous devez trouver des places pour chaque vainqueur », a-t-il dit, avant de « remercier les partis politiques qui (lui) ont donné le nom de leurs candidats ».
Hassan Sineid, un député proche de M. Maliki, a annoncé à la télévision officielle que le Kurde Hoshyar Zebari resterait aux Affaires étrangères. Le vice-Premier ministre sortant Rifa al-Issawi, de la liste laïque Iraqiya de l'ancien chef du gouvernement Iyad Allaoui, devient ministre des Finances, tandis que Abdel Karim al-Luaybi est choisi comme ministre du Pétrole, après avoir été vice-ministre. Ziad Tarek, d'Iraqiya, devient ministre de l'Électricité et Hassan ash-Shammari, de l'Alliance nationale (chiite), prend la Justice. Quant au député Ali al-Dabbagh, il garde son poste de porte-parole du gouvernement et devient secrétaire d'État.
Selon la Constitution, le Parlement doit approuver les noms de chaque ministre ainsi que le programme du gouvernement. Les ministres doivent ensuite prêter serment. Mais certains portefeuilles font encore l'objet d'âpres discussions. « Il n'y a pas d'accord total jusqu'à présent car les groupes politiques réclament tous les mêmes postes », a affirmé Khaled al-Assadi, un député proche de M. Maliki, qui a jusqu'à samedi selon la Constitution pour former son cabinet.
La question pétrolière se greffe sur la bataille des postes. Le député kurde Mahmoud Othmane a affirmé que l'Alliance kurde ne participera pas au gouvernement tant que M. Maliki n'aura pas avalisé les contrats signés par la région autonome kurde avec les compagnies pétrolières. Le gouvernement central a jusqu'à présent refusé d'entériner ces contrats signés depuis 2004 car ils sont basés sur un partage des profits avec les sociétés étrangères, alors que Bagdad a conclu des accords de service.
M. Noujaifi a annoncé que le nouveau gouvernement compterait 42 portefeuilles. Outre le Premier ministre, le nouveau gouvernement devrait compter trois vice-Premiers ministres appartenant à l'Alliance nationale (AN, chiite), à la liste laïque Iraqiya et au bloc kurde. En outre, il devrait compter, en plus, 38 ministres et secrétaires d'État. L'Alliance nationale (AN, regroupement des formations religieuses chiites dont celle de M. Maliki), qui occupe 159 des 325 sièges du Parlement, aura 17 ministères et secrétariats d'État. La liste Iraqiya (91 députés) en aura neuf, les partis kurdes, qui disposent de 57 sièges, en auront sept, tandis que Wassat, qui regroupe des sunnites et des laïques (10 députés), n'aura droit qu'à un ministre, tout comme les minorités (8 sièges), a précisé M. Assadi.
Les trois ministres chargés de la sécurité seront choisis ultérieurement par M. Maliki, qui assurera l'intérim.


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