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Liban

Les (dés) illusions américaines au Liban

Dans une analyse parue hier dans les colonnes de l'International Herald Tribune, Roger Cohen livre une réflexion réaliste sur les illusions politiques des États- Unis au Liban.
Le journaliste brosse le tableau d'un pays où « deux armées se côtoient », où un gouvernement d'union nationale est si divisé qu'il est « incapable de se réunir », un pays qui s'est transformé en un véritable « bien foncier » en plein essor, installé sur « une bombe minutée » appelée tribunal international.
Il évoque l'ambition, ou plutôt le rêve de Condoleezza Rice, qui, à un moment donné, a cru voir les prémices d'un Moyen-Orient démocratique et libéré du Hezbollah, dont les graines étaient semées par Israël au cours de la guerre de juillet 2006. « Le Liban, déclare-t-il, n'est pas pour les amateurs. »
« Et l'Amérique, souligne-t-il, continue de rêver. »
À partir de 2005, année de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri, le vent a tourné. Saad Hariri demandait « la vérité ». Walid Joumblatt annonçait un nouveau monde arabe. Il soutenait le TSL. Il le défendait âprement.
Quatre années plus tard, le même Joumblatt évoque « la folie » de ce moment, se rétrogradant lui-même de leader national au rang de leader tribal. Il a choisi « la stabilité à la justice ».
Et Saad Hariri « parle de moins en moins de vérité et visite de plus en plus la Syrie ».
C'est qu'après 2006, « à cause de l'action d'Israël », l'Amérique a perdu « sa guerre stratégique ».
Et en 2008, le coup de grâce a été donné, lorsque le Hezbollah a vaincu « ses rivaux pro-occidentaux » dans les rues de Beyrouth.
Quatre années après 2006, le journaliste note que le Hezbollah « n'a jamais été plus fort », son armée supplante « très largement » les troupes régulières, qu'il est non seulement représenté au gouvernement, mais « qu'il y dispose aussi d'un droit de veto », que la banlieue sud, ravagée par les bombes israéliennes en 2006, est aujourd'hui reconstruite. Toutes sortes de commerces y regorgent, même « des maisons de lingerie fine », voire osée.
Et Roger Cohen de se demander, désabusé, si Washington continuera à occulter la nouvelle réalité.
Dans une analyse parue hier dans les colonnes de l'International Herald Tribune, Roger Cohen livre une réflexion réaliste sur les illusions politiques des États- Unis au Liban.Le journaliste brosse le tableau d'un pays où « deux armées se côtoient », où un gouvernement d'union nationale est si divisé qu'il est « incapable de se réunir », un pays qui s'est transformé en un véritable « bien foncier » en plein essor, installé sur « une bombe minutée » appelée tribunal international.Il évoque l'ambition, ou plutôt le rêve de Condoleezza Rice, qui, à un moment donné, a cru voir les prémices d'un Moyen-Orient démocratique et libéré du Hezbollah, dont les graines étaient semées par Israël au cours de la guerre de juillet 2006. « Le Liban, déclare-t-il, n'est pas pour les amateurs. »« Et...
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