M. Frattini a mis l’accent sur la nécessité de faire confiance au procureur Daniel Bellemare et au tribunal dans son ensemble.
En ce qui concerne le dossier spécifique du Liban, il ressort du tableau dressé par le chef de la diplomatie italienne que Rome accorde un intérêt très poussé à l'action du Tribunal spécial pour le Liban et suit de très près les travaux du TSL, à la lumière, plus particulièrement, de l'imminence de la publication de l'acte d'accusation dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri. Réaffirmant le ferme soutien de l'Italie au tribunal international, M. Frattini s'est référé à cet égard au roi Abdallah de Jordanie qui avait récemment souligné, en substance, qu'il est inconcevable de remettre en question la légalité internationale en torpillant le TSL.
En réponse à la question d'un journaliste (libanais) qui lui demandait pourquoi le tribunal ne prenait pas en considération la piste israélienne dans l'assassinat de Rafic Hariri, M. Frattini a mis l'accent sur la nécessité de faire confiance au procureur Daniel Bellemare et au tribunal dans son ensemble. « Nous ne pouvons pas nous substituer à eux et nous baser sur des supputations et des hypothèses non confirmées », a-t-il déclaré avant de rendre un hommage très marqué au président du tribunal, Antonio Cassese, dont il a loué les hautes qualités professionnelles, affirmant qu'il avait la conviction que le président Cassese n'a écarté aucun cas de figure dans les investigations sur les circonstances de l'attentat terroriste du 14 février 2005.
Le chef de la diplomatie italienne a en outre insisté sur l'importance d'un soutien sans équivoque au gouvernement de Saad Hariri, à la stabilité du Liban et à la consolidation de l'État libanais, d'autant que ce dernier pourrait être confronté à une situation délicate et complexe dans le sillage de la publication de l'acte d'accusation. Dans une allusion à peine voilée aux tiraillements actuels au niveau de l'exécutif, M. Frattini a souligné qu'il est impératif de laisser l'État libanais assumer ses responsabilités. Et le ministre de rappeler dans ce contexte que l'importante participation italienne à la Finul illustre d'une manière on ne peut plus claire le solide engagement de Rome en faveur d'un Liban indépendant et de l'État central libanais.
Au plan régional, le chef de la diplomatie italienne a appelé à la relance du dialogue entre Israël et la Syrie en vue de faire avancer le processus de paix globale dans la région, de même qu'il a réitéré l'appui du gouvernement italien à l'entrée de la Turquie à l'Union européenne.

