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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Attentat antichiite en Iran : 33 morts et plus de 80 blessés

Le groupe rebelle sunnite Joundallah a revendiqué l'attaque de Chabahar.

Joundallah a publié sur son site Internet les photos des deux responsables de l’attentat, portant des ceintures d’explosifs et identifiés comme Seifolrahman Chabahari (gauche) et Hessan Khashi. Photo AFP

Trente-trois personnes ont été tuées et plus de 80 blessées hier dans un attentat-suicide contre des fidèles chiites dans la ville iranienne de Chabahar (Sud-Est). Selon un responsable local du Croissant-Rouge iranien, se trouvaient parmi les tués « des femmes et des enfants ».
Selon le préfet de Chabahar, Ali Bateni, « les terroristes (...) ont été repérés avant de mener l'action, mais l'un est parvenu à faire exploser sa ceinture d'explosifs ». « Les deux terroristes ont été tués, le premier par l'explosion et le second par la police », a ajouté le gouverneur de la province, Ali Mohammad Azad. M. Bateni a par la suite ajouté qu'un « troisième terroriste a été arrêté par les forces de sécurité ». Selon un responsable du ministère des Renseignements, le troisième a été arrêté à la frontière alors qu'il tentait de quitter le pays.
L'attentat, à proximité de la mosquée chiite de l'Imam Hossein à Chabahar, est intervenu lors des cérémonies de Tassoua, veille de Achoura qui commémore la mort de Hussein, troisième imam du chiisme, à la bataille de Kerbala en l'an 680. La commémoration de la mort de l'imam Hussein est l'un des principaux événements religieux d'Iran, dont 90 % de la population est chiite. Les cérémonies de Tassoua et Achoura rassemblent partout dans le pays d'importantes foules qui participent ou assistent pendant deux jours à d'innombrables processions de rue célébrant le martyre de Hussein. Cet attentat est le plus meurtrier contre des fidèles chiites depuis 1994. Chabahar est située dans le Sistan-Balouchistan, province frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan et le théâtre depuis dix ans d'une rébellion sanglante menée par des séparatistes sunnites de l'ethnie baloutche.
Le groupe rebelle sunnite Joundallah (soldats de Dieu) a revendiqué l'attentat sur son site Internet, affirmant qu'il s'agissait d'une « vengeance pour la pendaison du chef du mouvement l'émir Abdolmalek (Righi, arrêté en février et pendu en juin) et des martyrs du Joundallah ». « L'objectif de telles opérations est d'expulser les agresseurs (iraniens) du Balouchistan », ajoute le site, qui publie les photos des deux responsables de l'attentat, portant des ceintures d'explosifs, et identifiés comme Seifolrahman Chabahari et Hessan Khashi.
Les États-Unis ont classé en novembre le Joundallah parmi les organisations terroristes, une décision saluée par Téhéran. Mais le vice-ministre iranien de l'Intérieur Ali Abdollahi a affirmé hier que « les équipements des terroristes montrent qu'ils sont soutenus par les services de renseignements de la région et des États-Unis ». Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaeddine Boroujerdi, a de son côté accusé « les services de renseignements américains et britanniques d'être derrière l'attentat ».
Le carnage a été condamné par le président américain Barack Obama qui l'a qualifié d'« atroce », Londres s'est dit « horrifié » et la France l'a condamné « avec la plus grande fermeté ». Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon l'a également condamné « dans les termes les plus fermes possibles ».
Ces dernières années, plusieurs attentats, revendiqués par le Joundallah, ont visé des mosquées chiites, des rassemblements religieux, des militaires ou de simples civils au Sistan-Balouchistan. Le dernier en date, en juillet 2010, avait fait 28 morts dans une mosquée de Zahedan lors d'une cérémonie religieuse réunissant des gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime islamique.
Trente-trois personnes ont été tuées et plus de 80 blessées hier dans un attentat-suicide contre des fidèles chiites dans la ville iranienne de Chabahar (Sud-Est). Selon un responsable local du Croissant-Rouge iranien, se trouvaient parmi les tués « des femmes et des enfants ».Selon le préfet de Chabahar, Ali Bateni, « les terroristes (...) ont été repérés avant de mener l'action, mais l'un est parvenu à faire exploser sa ceinture d'explosifs ». « Les deux terroristes ont été tués, le premier par l'explosion et le second par la police », a ajouté le gouverneur de la province, Ali Mohammad Azad. M. Bateni a par la suite ajouté qu'un « troisième terroriste a été arrêté par les forces de sécurité ». Selon un responsable du ministère des Renseignements, le troisième a été arrêté à la frontière...
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