Les dépôts en livres ont progressé de 4,9 milliards de dollars au cours des dix premiers mois, contre 3,5 milliards pour les dépôts en devises.
Les dépôts, qui représentent près de 82,3 % du bilan des banques, ont constitué le principal moteur de croissance, augmentant de 8,4 milliards de dollars, soit une hausse de 8,8 % sur la période couverte. Ils sont ainsi passés de 95,8 milliards de dollars fin décembre 2009 à 104,2 milliards de dollars fin octobre 2010.
Bien que cette croissance soit largement inférieure à celle enregistrée durant les dix premiers mois de l'an dernier (environ - 43 %), elle reste importante en comparaison avec la croissance moyenne enregistrée au cours de la même période des neuf années précédentes.
La croissance fulgurante des dépôts enregistrée en 2009 avait été favorisée, rappelons-le, par un important flux de capitaux, suite à la crise financière internationale, qui avait fait du Liban une terre refuge pour les capitaux fuyant la débâcle.
Il n'en reste pas moins que la tension croissante sur le plan politique a quelque peu affecté la confiance des épargnants, les dépôts ayant augmenté seulement de 331 millions de dollars durant le mois d'octobre, contre 1,1 milliard en septembre, 1,8 milliard en juillet et 1,3 milliard en octobre dernier.
En termes de répartition des dépôts par type de clients, une lecture approfondie des chiffres révèle que les dépôts des résidents ont été à la source de cette croissance au cours des dix premiers mois de l'année, représentant près de 92,5 % de la hausse des dépôts fin octobre. Les dépôts des non-résidents n'ont pas connu en effet de variations majeures.
En outre, une analyse de la croissance des dépôts par devises révèle que les dépôts en monnaie locale ont enregistré une très forte croissance au cours des dix premiers mois de 2010, représentant fin octobre 58 % de l'augmentation enregistrée au niveau des dépôts. En effet, les dépôts en devises ont augmenté de 3,5 milliards de dollars, tandis que les dépôts en livres ont progressé de 4,9 milliards de dollars. Ainsi, le taux de dollarisation des dépôts a atteint 62,7 % fin octobre - un niveau proche du plus bas historique atteint en 1999 (61,6 %).
Les crédits en hausse de six milliards de dollars
Dans ce contexte d'excès de liquidités, combiné à une politique incitative de la part de la Banque centrale, et à la lumière de la reprise progressive des économies de la région, l'activité d'emprunt a connu un essor important au cours des dix premiers mois de l'année. Ainsi, les prêts bancaires accordés aux résidents et aux non-résidents ont augmenté de six milliards de dollars, passant de 28,4 milliards de dollars fin décembre 2009 à 34,4 milliards fin octobre, soit une hausse de 21,2 %.
Cette hausse est supérieure aux 3,3 milliards de dollars de prêts accordés sur l'ensemble de l'année 2009.
Concernant la distribution des prêts par devises, les prêts en livres ont représenté 32,9 % du total des crédits accordés au secteur privé durant cette période, grâce à la politique incitative de la Banque du Liban (BDL) visant à contenir l'excès de liquidités en livres.
Notons en outre que 84,5 % des prêts accordés durant les dix premiers mois de l'année ont bénéficié au secteur privé résident, tandis que 15,5 % des crédits ont été octroyés aux non-résidents.


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