Silvio Berlusconi ne dispose plus d’une majorité absolue depuis sa rupture avec Gianfranco Fini, avec lequel il avait fondé en 2008 le Peuple de la liberté. Alberto Pizzoli/AFP
Souriant et sûr de lui, le Cavaliere, entré en politique en 1994, a proposé de les associer au programme des deux dernières années de son mandat d'ici à 2013 en promettant de « renforcer l'équipe gouvernementale ». « Que la nuit prochaine porte conseil et soit pleine de réflexion pour nos amis de FLI », a-t-il ajouté, au terme du débat au Sénat. « Rompre l'unité des modérés va contre l'histoire de notre pays », a-t-il souligné.
M. Fini, allié depuis 16 ans de M. Berlusconi, a quitté cet été le Peuple de la liberté (PDL), parti qu'ils avaient cofondé un an plus tôt et que M. Fini jugeait trop assujetti au magnat et trop conciliant sur des soupçons de corruption. M. Fini, président de la Chambre des députés, a retiré ses fidèles du gouvernement le 15 novembre.
L'UDC de Pier Ferdinando Casini, également partenaire de gouvernements Berlusconi (1994/1995 et 2001/2006), a pris ses distances par rapport au magnat et a fait campagne en 2008 séparément de la coalition PDL-Ligue du Nord, arrivée victorieuse aux élections législatives. M. Casini a répondu à l'offre de M. Berlusconi en l'appelant à démissionner avant le vote décisif sur des motions de censure - une de l'opposition de gauche et une de l'UDC et du FLI de M. Fini - à la Chambre des députés aujourd'hui. Ce scrutin fera suite au vote sur une motion de soutien à M. Berlusconi au Sénat.
Selon M. Casini, M. Berlusconi devrait démissionner pour favoriser une recomposition de la majorité plutôt qu'aller « vers un gouvernement à l'aveuglette bénéficiant seulement d'une voix de majorité ». Mais le camp Berlusconi a rejeté toute démission.
Au Sénat, le PDL et la Ligue du Nord (droite anti-immigration) disposent d'une majorité plutôt solide même sans les 10 sénateurs FLI. À la Chambre, M. Fini et 35 députés qui l'ont suivi dans sa rébellion se sont engagés à mettre M. Berlusconi en minorité en votant la motion des centristes.
Dans son discours au Sénat, M. Berlusconi a mis en garde les parlementaires qui projetteraient de « trahir le mandat reçu des électeurs », dans une allusion aux « finiens ». « Ouvrir une crise gouvernementale sans solution prévisible serait une folie politique », a-t-il averti. Dans un contexte de tensions sur les marchés, « l'Italie a besoin de tout sauf d'une crise avec saut dans l'inconnu », a argué M. Berlusconi. Même si, selon lui, grâce à la politique gouvernementale de « discipline budgétaire », l'Italie « ne fait plus partie des problèmes de la zone euro ».
Les pronostics du scrutin d'aujourd'hui sont très incertains, le vote à la Chambre se jouant à quelques voix. S'il est mis en minorité, M. Berlusconi devra démissionner et il reviendra alors au président Giorgio Napolitano soit de tenter de former un nouveau gouvernement, soit de dissoudre le Parlement pour des législatives anticipées.

