Des passants s’arrêtant devant le lieu de la seconde explosion dans laquelle l’auteur présumé de l’attentat manqué a péri, samedi à Stockholm. Jonathan Nackstrand/AFP
Le Premier ministre Fredrik Reinfeldt, qui a qualifié ces événements de « ni souhaités ni acceptables » dans une société ouverte comme la Suède, a mis en garde contre des conclusions trop hâtives. La ministre de la Justice, Béatrice Ask, a également appelé à la prudence déclarant qu'il fallait « d'abord enquêter à fond sur ce qui s'est passé avant de tirer des conclusions ». Rien n'indique que la police « avait à l'avance connaissance que quelque chose comme ça arriverait », a-t-elle ajouté.
Deux explosions quasi simultanées et à 200 mètres l'une de l'autre samedi en fin d'après-midi ont fait un mort, l'auteur présumé de l'attentat manqué, et deux blessés. Dix minutes avant les déflagrations, l'agence de presse TT et les services de renseignements Säpo avaient reçu un courriel en suédois, en arabe et en anglais annonçant des « actions » visant « la guerre contre l'islam » menée par la Suède, notamment en Afghanistan. Il qualifiait aussi de « porc » le caricaturiste suédois Lars Vilks, plusieurs fois menacé de mort pour avoir représenté en chien le prophète Mohammad.
La Suède, traditionnellement neutre, maintient environ 500 soldats en Afghanistan. L'identité de l'auteur présumé de l'attentat manqué n'a pas été révélée mais, selon un témoignage recueilli par le quotidien Dagens Nyheter, l'homme retrouvé mort, âgé de 25 ou 26 ans, était grièvement blessé à l'abdomen, allongé sur le dos, le visage recouvert d'un keffieh. « J'ai retiré le foulard palestinien qui recouvrait son visage pour l'aider à respirer et j'ai essayé de le ranimer avec des massages cardiaques, mais il était trop tard », raconte Pascal Moulas, un secouriste formé aux premiers secours qui regagnait son domicile lorsqu'il a entendu les explosions. Il précise qu'un tube métallique long de deux mètres et un sac rouge large de trente centimètres se trouvaient sur le sol à quelques mètres du corps.
Selon un expert artificier, Bo Janzon, « par chance, ça ressemble à un gros raté ». « Ce genre de bombe terroriste peut contenir entre 5 et 10 kilogrammes d'explosif. Que l'engin ait en outre contenu des éclats (un sac de clous a été retrouvé à proximité du cadavre, NDLR) montre qu'il avait l'intention de mutiler et de tuer », a-t-il dit.


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