Le fondateur de WikiLeaks, représenté ici en figurine parmi les Rois mages, a été arrêté à Londres pour viols et agressions sexuelles. Ciro De Luca/Reuters
Le fondateur de WikiLeaks - qui clame son innocence -
devait passer une deuxième nuit dans une prison londonienne hier, après s'être vu refuser par la justice britannique sa demande de libération conditionnelle. Il a été placé en détention provisoire jusqu'au 14 décembre, date d'une nouvelle audience au cours de laquelle ses avocats ont promis de renouveler leur demande de remise en liberté. Une procédure d'extradition peut prendre plusieurs mois avant de devenir effective, en raison des multiples recours possibles.
Parallèlement, les partisans du fondateur de WikiLeaks, plus que jamais mobilisé, crient à la « machination », estimant qu'Assange paie le prix de la divulgation par son site de milliers de documents secrets américains, qui ont provoqué un véritable séisme diplomatique. Les partisans d'Assange craignent avant tout que la Suède ou la Grande-Bretagne ne finissent par le remettre aux États-Unis, où il fait figure d'ennemi public numéro un. Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a cependant assuré hier qu'il n'y avait pas eu de contacts entre son pays et les États-Unis sur une éventuelle extradition de Julian Assange, citoyen australien.
L'avocat des victimes présumées de Julian Assange a affirmé que l'affaire de viol n'avait « rien à voir » avec WikiLeaks. « Je voudrais que Julian Assange vienne et le dise lui-même. Ce serait un moyen de faire cesser ces rumeurs », a déclaré Me Claes Borgström.
Le ministre australien des Affaires étrangères, Kevin Rudd, a, quant à lui, estimé que « le fond du problème, c'était la protection par les États-Unis de leurs propres communications diplomatiques » et non l'existence du site WikiLeaks.
Une autre contre-attaque semble également en cours. Quelques heures après l'arrestation d'Assange en vertu d'un mandat d'arrêt pour viol et agression sexuelle en Suède, le site Internet du parquet suédois a été victime d'une cyberattaque. Hier, c'était au tour du site Internet et des e-mails de l'avocat des deux Suédoises à l'origine de la plainte pour « viol et agression sexuelle ». Et des pirates informatiques s'en sont pris aux sites du suisse Postfinance et de l'américain Mastercard en représailles à la fermeture des moyens de paiement de WikiLeaks. « La première guerre informatique a maintenant débuté. Le champ de bataille est WikiLeaks », ont indiqué ces pirates en annonçant le lancement de l'opération « Payback » (vengeance), selon leur site Internet anonops.net. Pour sa part, une société islandaise permettant à WikiLeaks de recevoir des dons, Datacell, a annoncé qu'elle portait plainte contre le groupe de paiements par cartes bancaires Visa pour avoir bloqué ses versements au site.
Malgré l'incarcération d'Assange, sa petite équipe de collaborateurs à WikiLeaks, qui se dit également forte d'environ « 800 volontaires », est bien déterminée à ne pas lâcher prise, promettant que « tout ça va continuer comme jamais ». Hier, les fuites embarrassantes se sont d'ailleurs poursuivies. L'emprisonnement d'Assange « n'affecte pas le projet de l'organisation de poursuivre la diffusion des câbles dans le court terme », a affirmé le porte-parole de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson.


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