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Liban - Année Judiciaire

Sleiman appelle à la vigilance pour éviter la discorde

Le président Michel Sleiman a mis en garde contre les tentatives israéliennes de semer les troubles au Liban, appelant à la vigilance pour barrer la voie à toute discorde.

Le chef de l’État à son arrivée au Palais de justice.Photo Ibrahim Tawil

Pour l'ouverture de l'année judiciaire, une cerémonie officielle a été organisée hier au Palais de justice, à l'invitation du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, en présence des chefs de l'État, Michel Sleiman, du Parlement, Nabih Berry, et du gouvernement, Saad Hariri, et d'un grand nombre de ministres, de députés et d'officiels.
Dans son discours, le chef de l'État a d'emblée évoqué l'autonomie de la justice, réaffirmant sa détermination à œuvrer « pour que le Liban puisse compter dans les années à venir sur une autorité judiciaire forte, capable, moderne et garante des libertés ». Après avoir plaidé pour l'élaboration d'une loi allant dans ce sens et souligné la responsabilité des deux autorités législative et exécutive à ce niveau, M. Sleiman s'est dit consterné par l'émigration de magistrats pour des considérations socio-économiques et a promis davantage d'efforts pour une amélioration de la situation des juges. « Les solutions sont inévitables parce que des efforts soutenus et sincères sont déployés pour améliorer votre condition matérielle », a-t-il dit à l'adresse des nombreux magistrats présents.
M. Sleiman a ensuite plaidé en faveur d'une réforme du système pénitencier « pour que celui-ci cesse d'être un moyen de sanction et que les prisons deviennent un lieu de réhabilitation ». « Ceci, a-t-il observé, requiert une volonté politique - qui existe - ainsi que des moyens financiers et humains que l'État se doit d'assurer. » Le chef de l'État a déploré « l'injustice qui découle du retard accusé au niveau des procédures judiciaires », avant de s'arrêter sur la crise dans le pays. Après avoir estimé que les polémiques sont une des caractéristiques du système démocratique, le président Sleiman a estimé que « la démocratie consensuelle n'est pas synonyme de pensée et d'expression uniformes, mais suppose une quête constante en vue d'un consensus sur des questions primordiales de nature à préserver l'État, ses institutions, sa souveraineté, ses fondements et son sort, de même que l'adoption de mesures de nature à assurer la sécurité, la stabilité et le développement socio-économique, ainsi qu'une vie digne aux citoyens ». « Ce sont ces derniers qui doivent être au centre des intérêts de l'État parce qu'il en constitue le fondement. La priorité doit leur être accordée », a-t-il dit.
Soulignant ensuite la gravité de la situation dans la région et son impact sur le Liban, M. Sleiman a fait remarquer qu'Israël essaie de « profiter des brèches interlibanaises pour miner l'unité nationale, porter un coup à la stabilité et ébranler le pays par divers moyens, comme le montrent l'arrestation de centaines d'agents et l'infiltration israélienne inacceptable du réseau des télécommunications ». Il a ensuite lancé un appel à la vigilance « pour barrer la voie à la discorde et éviter que l'histoire ne retienne que les Libanais ont toléré la discorde dans un processus d'autodestruction ». « Laissons les surenchères de côté et confirmons notre attachement à l'intérêt national supérieur », a-t-il fait valoir, plaidant pour le dialogue en vue de résoudre les problèmes internes.

Najjar : Dissocier la politique et la justice
Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a pour sa part prononcé un discours technique dans lequel il s'est arrêté sur les efforts déployés pour développer la magistrature ainsi que les difficultés socio-
économiques auxquelles les juges sont confrontés : un sujet également soulevé par le président du Conseil supérieur de la magistrature, Ghaleb Ghanem, et la bâtonnière, Amal Haddad, dans leur discours respectif.
M. Najjar a d'emblée salué la coopération entre les trois autorités législative, exécutive et judiciaire, « qui a permis, en dépit des divisions politiques, au projet de réformes d'avancer ». Il a rappelé dans ce cadre la réalisation des permutations et des nominations judiciaires, soulignant que « le fait d'avoir dissocié la justice et la politique et encouragé les magistrats à ne pas se perdre dans les méandres de la politique a permis à cette entreprise de réussir ». « Voilà pourquoi nous appelons de nouveau à dissocier la politique et la justice », a-t-il insisté.
M. Najjar a poursuivi en mettant en relief le rôle de l'Inspection judiciaire « qui a enquêté au sujet de 134 plaintes sur un total de 208 depuis mai 2010, qu'on a dotée d'une ligne verte et dont nous attendons qu'elle défère les résultats de ses investigations aux autorités concernées pour appliquer le principe de la récompense et de la sanction ». Dans ce cadre, il a relevé « les dangers qui peuvent découler de la situation financière des juges », avant d'exposer les démarches entreprises pour l'améliorer. « Il semble que les efforts fournis jusque-là ont attiré de nombreuses personnes qui ont voulu embrasser la carrière de magistrat : en 2009, 749 candidats se sont présentés à l'Institut d'études judiciaires. Quinze ont été reçus au concours dont quatre titulaires de doctorat. Il y a quelques semaines, 374 candidats se sont présentés et 34 ont été reçus au concours dont 7 titulaires de doctorat », a-t-il dit, avant de donner d'autres exemples sur la nomination de magistrats. « Notre objectif reste, a-t-il poursuivi, de doubler le nombre de magistrats d'ici à 2015 », a-t-il fait remarquer, en soulignant cependant le chantier qu'un tel projet suppose et en mettant l'accent, parallèlement, sur l'importance d'un chantier législatif. M. Najjar a exposé dans ce cadre les projets exécutés par son département en collaboration avec les ministères concernés ainsi que les projets dont il compte poursuivre l'application, notamment pour accélérer les procédures judiciaires, améliorer les conditions de détention des prisonniers et placer les centres d'incarcération sous l'autorité du ministère de la Justice.
Pour l'ouverture de l'année judiciaire, une cerémonie officielle a été organisée hier au Palais de justice, à l'invitation du ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, en présence des chefs de l'État, Michel Sleiman, du Parlement, Nabih Berry, et du gouvernement, Saad Hariri, et d'un grand nombre de ministres, de députés et d'officiels.Dans son discours, le chef de l'État a d'emblée évoqué l'autonomie de la justice, réaffirmant sa détermination à œuvrer « pour que le Liban puisse compter dans les années à venir sur une autorité judiciaire forte, capable, moderne et garante des libertés ». Après avoir plaidé pour l'élaboration d'une loi allant dans...
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