De la fumée se dégage de la vallée proche de Bourjein.
Le feu qui a détruit des pinèdes et des oliveraies s'est rapproché dangereusement des habitations, en dépit des efforts acharnés des pompiers de la Défense civile et des soldats de l'armée pour le maîtriser. La difficulté d'accès à certains endroits ainsi que la présence de terrains encore minés ont rendu l'entreprise de sauvetage des plus difficiles. Redoutant que le sinistre ne s'étende davantage, plusieurs riverains ont évacué leurs habitations. Et ce n'est que dans la journée que les sapeurs-pompiers et les hélicoptères de l'armée ont fini par maîtriser le feu. Les dégâts sont énormes.
Le directeur général de la Défense civile, Darwiche Hobeika, soupçonne un incendie prémédité, non seulement à Bourjein, mais également dans plusieurs autres régions du Liban où des sinistres se sont aussi déclarés. « La sécheresse n'a rien à voir dans ce phénomène puisque les feux se déclarent pour la plupart la nuit », a-t-il déclaré, avant de lancer un nouvel appel à l'accroissement des effectifs de la Défense civile. « Celle-ci est en voie de disparition », a-t-il averti.
Le renforcement de la Défense civile fait partie d'un plan global de prévention et de lutte contre les incendies, promis chaque année par les autorités et jamais réalisé. Entre-temps, ce qui reste des surfaces boisées au Liban est en voie de disparition, que ce soit à cause de l'homme ou du climat. L'armée a ainsi annoncé dans un communiqué que ses forces terrestres et aériennes ont contribué à éteindre le feu dans les régions de Ghandouriyé, Mari, Yohmor, Zebdine, Nabatiyé et Deghdghaya, au Liban-Sud, à Kbeih, Chbaniyeh, Majdlaya, Bayssour, Bsaba, Aïn el-Hor, Biré et Fatré, dans le Mont-Liban, et à Kabite au Liban-Nord. Des arbres de forêt et des arbres fruitiers ont été réduits en cendre sur près de 136 dounoums, selon le communiqué. La Défense civile a, quant à elle, annoncé avoir éteint 88 incendies.

