Moubarak déposant son bulletin de vote. Selon un journaliste de l’AFP, les photographes de presse ont été empêchés par la police de prendre un cliché d’une urne dans les bureaux de vote. MENA /HO/AFP
Un premier tour marqué par des violences, des manifestations et des accusations d'irrégularités. Un jeune homme de 24 ans, Omar Sayyed Sayyed, a été tué d'un coup de poignard dans la nuit de samedi à dimanche alors qu'il collait des affiches pour son père, candidat indépendant dans le nord-est du Caire. Des heurts entre partisans de différents candidats ont par ailleurs été rapportés dans plusieurs villes du pays, faisant notamment un blessé par balle près de Mansourah, dans le delta du Nil, et trois autres à Sohag, en Moyenne-Égypte, selon des sources de sécurité. À Samanoud, dans le delta, des heurts entre Frères musulmans et force de l'ordre ont aussi fait plusieurs blessés, selon des sources au sein des services de sécurité.
De nombreux incidents ont été liés au refus de laisser entrer dans les bureaux de vote les délégués des candidats islamistes ou indépendants, censés surveiller ce scrutin. « Dès le tout début du vote, il y a eu toute une série d'irrégularités et une utilisation de la force qui menacent le processus électoral », a affirmé dans un communiqué la Coalition égyptienne pour la surveillance des élections, en faisant état de cas de bourrage d'urnes et de votes achetés. Une autre organisation non gouvernementale, la Coalition indépendante pour l'observation, a fait état d'agressions « contre des candidats, leurs représentants ou des journalistes » par les forces de l'ordre.
Quelque 40 millions d'électeurs, sur 82 millions d'Égyptiens, étaient appelés à renouveler l'Assemblée du peuple qui compte 518 sièges - 508 ouverts au vote et dix attribués par le président Hosni Moubarak. À un an de la présidentielle de 2011, le Parti national démocrate (PND) du président Hosni Moubarak a promis de laminer la représentation parlementaire des Frères musulmans, qui avaient raflé un cinquième des sièges en 2005. La confrérie islamiste, officiellement interdite mais tolérée dans les faits, soutient 130 candidats se présentant comme « indépendants ». Elle a dénoncé une vaste campagne d'arrestations et d'intimidations de la part du pouvoir à l'encontre de ses militants au cours des dernières semaines.

