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Moyen Orient et Monde

Les Arabes et l’obsession de la menace iranienne

Qu'Israël fasse pression pour une action contre l'Iran est chose connue et commune. En revanche, les documents présentés par WikiLeaks montrent, comme le souligne le New York Times qui y a eu accès, l'obsession de la menace iranienne partagée par la quasi-totalité des pays arabes. Pays dont les dirigeants ont souvent appelé Washington à frapper l'Iran.
Ainsi, en novembre 2009, le roi de Bahreïn dit aux Américains, selon un câble révélé par WikiLeaks, que le programme nucléaire iranien « doit être arrêté ». « Le danger de le laisser faire est plus grand que le danger de l'arrêter. » Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a également « appelé fréquemment les États-Unis à attaquer l'Iran pour mettre fin au programme nucléaire du pays », selon l'ambassadeur saoudien aux États-Unis Adel al-Jubeir cité par des documents issus d'ambassades américaines. Abdallah, qui a notamment imploré Washington de « couper la tête du serpent », aurait déclaré « qu'alors que par le passé, l'Arabie saoudite et Saddam Hussein s'étaient entendus sur la nécessité de contenir l'Iran, la politique américaine a donné l'Irak à l'Iran sur un plateau d'argent ».
Avec les années, l'inquiétude des Arabes vis-à-vis de l'Iran est allée crescendo, suivant en cela les événements politiques, dont l'élection d'Ahmadinejad, et le développement du programme nucléaire iranien. Le 27 décembre 2005, des responsables militaires émiratis auraient déclaré au commandant du Centre de commandement américain, le général John Abizaid, que « le nouveau président Ahmadinejad ne semblait pas équilibré, voire fou ». En juillet 2009, le dirigeant d'Abou Dhabi, le prince Mohammad ben Zayed, déclare qu' « Ahmadinejad est Hitler ». Alors que le chef des états-majors américain, l'amiral Mullen, fait état de ses doutes quant à l'efficacité d'opérations seulement aériennes contre les sites iraniens, le prince héritier d'Abou Dhabi rétorque qu'il « faudrait alors des troupes au sol ». « Ils nous mentent et nous leur mentons », déclare, de son côté, l'émir du Qatar en février 2010, alors qu'un diplomate basé au Caire écrit, en février 2009, que le président égyptien, Hosni Moubarak, « éprouve une haine viscérale pour la République islamique ».
Certains responsables arabes restent néanmoins dubitatifs quant à la manière de gérer le dossier iranien. Dans un câble, un responsable sécuritaire omanais se dit incapable d'établir quel serait le pire scénario : « Une attaque contre les capacités nucléaires de l'Iran et le chaos qu'elle causerait dans le Golfe, ou l'inaction et le fait de vivre avec un Iran doté de capacités nucléaires. »
Les documents montrent également que les discours d'Obama, au début de son mandat, pour une stratégie d'ouverture envers l'Iran n'ont pas contribué à rassurer les dirigeants arabes. Selon un câble de l'ambassade américaine à Ryiad, les discussions sur une éventuelle ouverture vers l'Iran avaient « alimenté chez les Saoudiens la peur que la nouvelle administration conclut un "grand deal" sans consultations préalables ». Les Européens pensaient, de leur côté, que la stratégie de la main tendue d'Obama cachait une tentative de tirer un avantage commercial d'une nouvelle relation avec l'Iran.
Certains câbles diplomatiques, cités par le New York Times, montrent que l'Iran a acquis auprès de la Corée du Nord des missiles de technologie avancée lui permettant de frapper l'Europe occidentale. Dans le même ordre d'idées, les Américains craignent que l'Iran n'utilise des missiles nord-coréens comme éléments pour assembler des missiles de longue portée.
Le sentiment général ressortant de ces câbles est qu'à moins que le régime de Téhéran ne tombe, l'Iran sera en possession, à terme, d'une arme atomique. Ainsi, le 12 février dernier, lors d'un déjeuner à Paris avec le ministre français de la Défense de l'époque, Hervé Morin, le secrétaire à la Défense américain, Robert Gates, déclare qu'une attaque israélienne contre l'Iran « ne ferait que retarder les plans iraniens d'un à trois ans, tout en unifiant le peuple iranien ».

Qu'Israël fasse pression pour une action contre l'Iran est chose connue et commune. En revanche, les documents présentés par WikiLeaks montrent, comme le souligne le New York Times qui y a eu accès, l'obsession de la menace iranienne partagée par la quasi-totalité des pays arabes. Pays dont les dirigeants ont souvent appelé Washington à frapper l'Iran. Ainsi, en novembre 2009, le roi de Bahreïn dit aux Américains, selon un câble révélé par WikiLeaks, que le programme nucléaire iranien « doit être arrêté ». « Le danger de le laisser faire est plus grand que le danger de l'arrêter. » Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a également « appelé...
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