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Liban

Majorité et opposition unanimes : la visite d’Erdogan est positive

La visite à Beyrouth du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a suscité hier de nombreuses réactions, tant au sein de l'opposition que dans le camp de la majorité. La communauté arménienne, elle, est descendue dans la rue pour protester contre cette visite.

Les partisans des trois partis arméniens, Tachnag, Hentchag et Ramgavar, ont organisé une manifestation de protestation contre la visite de M. Erdogan.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la visite du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à Beyrouth ne laisse personne indifférent. Mis à part la communauté arménienne qui s'y oppose, la majorité et l'opposition n'y voient que des aspects positifs.
Ainsi, le député Hadi Hobeiche (bloc du Courant du futur) a affirmé dans un entretien télévisé que « la Turquie est en contact avec l'ensemble des parties au Liban, et le Premier ministre turc peut aider à calmer le jeu. Il peut demander à toutes les parties de se conformer aux institutions et les inciter à ne pas avoir recours à la rue ». M. Hobeiche a ajouté que « la Turquie joue toujours un rôle positif et efficace » dans la région, avant de rappeler que cette visite intervient à l'aune d'un climat politique « tendu ». La Turquie a lancé de nombreux projets de développement dans le Akkar, a précisé le député, pour qui cette visite revêt avant tout un caractère en rapport avec le développement.
Même son de cloche du côté du député Imad Hout qui a rappelé le rôle croissant joué par la Turquie dans la région et qui tend à « instaurer le calme ainsi qu'un certain équilibre ». Commentant en outre les assurances données par le Premier ministre turc concernant la situation au Liban, M. Hout a déclaré que ces propos se fondent sur « l'entente qui existe entre la Syrie et l'Arabie saoudite » ainsi que sur l'équilibre créé par « le rôle joué respectivement par l'Iran et la Turquie dans la région ».
Le député Khodr Habib a abondé dans le même sens en soulignant que cette visite est importante sur le triple plan politique, économique et du développement. Ces trois aspects sont « aussi importants les uns que les autres », a précisé M. Habib. Rappelant le rôle positif de la Turquie dans la région « qui se tient toujours aux côtés des Arabes en défendant leurs causes », le député a indiqué que les habitants du Nord attendent beaucoup de la visite du Premier ministre Saad Hariri et de son homologue turc. « Nous espérons que le Akkar obtiendra une part importante des projets de développement » que veut lancer la Turquie au Liban.
Le climat positif distillé par la visite de M. Erdogan a également été relayé hier par le mufti de la République, cheikh Mohammad Rachid Kabbani. Ce dernier a indiqué que la tournée libanaise du Premier ministre turc « permet d'avoir de l'espoir, d'instaurer la sécurité dans le pays et de consolider l'entente nationale ».
De son côté, le député Talal Arslane a déclaré que la visite de M. Erdogan vient « compléter celle effectuée il y a peu par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ». Elles constituent « toutes deux un message adressé à Israël et sont une consolidation du triangle de force turc, syrien et iranien ». Cette alliance va, selon lui, opérer des changements dans la région.
Sur un tout autre plan, et profitant de la tournée de MM. Hariri et Erdogan dans le Nord, les habitants du camp de réfugiés de Nahr el-Bared ont adressé aux deux Premiers ministres un mémorandum dans lequel ils ont réclamé « la reconstruction du camp, l'indemnisation des victimes et la reconnaissance des droits humanitaires » des Palestiniens vivant sur le sol libanais. Ils ont aussi demandé que « les mesures de sécurité renforcées prises autour du camp » soient enfin levées.

Les Arméniens protestent
La communauté arménienne a certes protesté contre la visite officielle du Premier ministre turc, mais ses leaders politiques ont pris soin de souligner qu'il s'agissait là de protestations de « pure forme ».
En début de journée, plus de cent personnes s'étaient rassemblées non loin de l'aéroport en prévision du passage du convoi de M. Erdogan. Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Le Liban n'a pas oublié le passé sanglant de la Turquie dans la région » ou encore « Erdogan devrait se prosterner devant nos martyrs ». Une autre pancarte indiquait que la Turquie d'aujourd'hui est pareille « à celle d'hier : rusée, oppressive et alliée de l'ennemi » (comprendre : Israël).
Dans ce contexte, le député Hagop Pakradounian a affirmé à la radio Voix du Liban que « le mouvement de protestation contre la visite du Premier ministre turc n'est arménien que dans la forme. Car dans le fond, ce mouvement est purement libanais ». Il a d'autre part appelé le gouvernement turc à « s'excuser auprès des Libanais des massacres commis par l'Empire ottoman ». Mais le député Sebouh Kalbakian a voulu rectifier le tir en précisant que cette manifestation servait surtout à respecter « les martyrs arméniens » et n'avait pas pour objectif de « nuire aux relations libano-turques ».

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la visite du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à Beyrouth ne laisse personne indifférent. Mis à part la communauté arménienne qui s'y oppose, la majorité et l'opposition n'y voient que des aspects positifs. Ainsi, le député Hadi Hobeiche (bloc du Courant du futur) a affirmé dans un entretien télévisé que « la Turquie est en contact avec l'ensemble des parties au Liban, et le Premier ministre turc peut aider à calmer le jeu. Il peut demander à toutes les parties de se conformer aux institutions et les inciter à ne pas avoir recours à la rue ». M. Hobeiche a ajouté que « la Turquie joue toujours un rôle positif et...
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