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Don d’organes : les alertes s’améliorent, mais les familles peinent à suivre

Entre consentement présumé et acceptation familiale

Convertir les donneurs potentiels détectés dans les hôpitaux en donneurs réels est l'un des défis que doit encore relever le NOOTDT au Liban. Le principal obstacle reste encore le refus de la famille du donneur à franchir le pas. Un problème fortement observé en France aussi où le taux du refus parental frôle les 30 %. D'où le rôle important du coordinateur du don d'organes, qui doit aider les parents à prendre leur décision sans pour autant exercer une pression quelconque sur eux.
« Au Liban, comme en Espagne et dans plusieurs autres pays, la loi exclut la famille du protocole du don d'organes, souligne Assumpta Ricart, médecin à l'Unio Barcelona. C'est ce qu'on appelle le consentement présumé, c'est-à-dire un donneur potentiel d'organes qui ne se serait pas exprimé de son vivant peut devenir un donneur réel sans que l'avis de la famille n'entre en compte. Toutefois au Liban, comme en Espagne, en France ou ailleurs dans le monde, nous cherchons toujours à avoir l'accord de la famille. Notre rôle en tant que formateurs consiste donc à initier les coordinateurs à la meilleure façon d'aborder la famille en deuil, en faisant preuve de respect, de compassion, d'empathie et de compréhension. »
Plusieurs méthodes ont été décrites dans la littérature, mais c'est la méthode Spikes que retiennent les formateurs. Il s'agit d'un protocole en six points pour :
  • S-Setting up the interview ou préparation de l'atmosphère pour s'entretenir avec la famille.
  • P-Perception, ou savoir si la famille a bien compris l'information transmise.
  • I-Invitation qui consiste à connaître ce que les parents veulent savoir sur le don d'organes.
  • K-Knowledge ou connaissance. Il s'agit à ce stade de communiquer l'information, surtout la mort cérébrale d'une manière claire.
  • E-Exploring/empathy ou comment faire face avec empathie au consentement de la famille après s'être assuré que celle-ci a bien compris qu'il ne s'agit pas d'un coma, mais que leur proche est bien mort. Les coordinateurs insistent à ce niveau sur la volonté de la personne décédée et sur ce qu'elle aurait aimé faire, surtout si elle n'avait rien exprimé de son vivant. Ils ont la charge d'aider la famille à réfléchir dans ce sens.
  • S-Strategy ou stratégie. Les coordinateurs essaient de montrer à la famille qu'à travers le don, la vie peut continuer dans d'autres personnes. «Le Liban a réussi à améliorer les alertes et compte des spécialistes de très haut niveau, poursuit le Dr Ricart. Il faut travailler sur la communication. Il convient de noter que cette technique n'a pas uniquement pour but de décrocher l'approbation de la famille, mais de l'aider à prendre sa décision d'une manière convenable, d'où l'importance d'établir de bons contacts avec elle et de faire preuve d'honnêteté.»
Mais tout ce procédé doit se faire en quelques heures, pour éviter que les organes ne se détériorent. « En Espagne, la tâche est plus facile parce que la culture du don d'organes est ancrée dans la société, souligne le Dr Ricart. Il est plus difficile de le faire lorsque le processus vient de démarrer, comme c'est le cas au Liban. »
Convertir les donneurs potentiels détectés dans les hôpitaux en donneurs réels est l'un des défis que doit encore relever le NOOTDT au Liban. Le principal obstacle reste encore le refus de la famille du donneur à franchir le pas. Un problème fortement observé en France aussi où le taux du refus parental frôle les 30 %. D'où le rôle important du coordinateur du don d'organes, qui doit aider les parents à prendre leur décision sans pour autant exercer une pression quelconque sur eux.« Au Liban, comme en Espagne et dans plusieurs autres pays, la loi exclut la famille du protocole du don d'organes, souligne Assumpta Ricart, médecin à l'Unio Barcelona. C'est ce qu'on appelle le consentement présumé,...