La prison de Roumieh est souvent le théâtre de violentes mutineries.
La situation dans la prison est devenue de plus en plus tendue, mais une source interrogée par l'agence al-Markaziya a assuré que « la prison est sous contrôle ». Cette même source a cependant affirmé que les forces de sécurité à l'intérieur de Roumieh ont demandé des renforts, notamment de l'armée qui a assuré la sécurité à l'extérieur de la prison.
Rappelons qu'un prisonnier de Fateh el-Islam, nommé Walid Boustany, de nationalité libanaise, avait réussi mardi à s'échapper de la prison. Les premières informations avaient prévenu qu'il portait des habits militaires. Hier, les recherches se poursuivaient, notamment dans les bois qui entourent la prison, pour le retrouver, mais sans succès. Des chiens policiers appartenant à la police judiciaire ont été impliqués dans cette chasse à l'homme. La photo du fugitif avait été envoyée à toutes les forces de l'ordre. Deux hélicoptères ont sillonné les alentours de la prison et toutes les routes qu'aurait pu emprunter le fugitif.
Un autre prisonnier avait tenté de s'échapper en même temps que lui : il s'agit du Syrien, Mounjid al-Fahham, également membre de Fateh el-Islam. Il a été capturé après s'être blessé à l'issue d'une chute du mur de la prison, quand la corde qu'il employait a rompu. Il a été transporté à l'hôpital sous étroite surveillance, où il devrait être traité pour multiples blessures.
À l'extérieur de la prison, les parents de détenus, qui attendent les mardis pour voir leur proches emprisonnés, ont été empêchés de le faire. Ils ont exprimé leur colère à l'encontre de ces mesures.
Plusieurs militaires interrogés
À la suite de cette évasion, le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud, qui suivait de près l'enquête et la chasse à l'homme, avait immédiatement chargé l'inspection générale des Forces de sécurité intérieure (FSI) de mener l'enquête pour élucider les causes de la brèche qui a permis à ces prisonniers de tenter l'évasion, en vue de savoir comment les deux hommes ont planifié leur acte, et qui assume la responsabilité de cet incident. Des informations données par la LBCI ont fait état de l'arrestation de plusieurs officiers et soldats, soupçonnés de négligence ou de complicité. Mais rien n'avait filtré hier des interrogatoires qui ont lieu dans le plus grand secret. On a su simplement que les enquêteurs essaient d'obtenir des informations de l'autre prisonnier qui a tenté de fuir, al-Fahham, mais il s'est avéré très difficile d'obtenir de lui la moindre donnée, probablement vu son état.
Aux dernières nouvelles, les poursuites contre Boustany sur le terrain avaient quelque peu ralenti hier, mais les services secrets tentent d'en savoir plus sur cette évasion et sur la direction qu'aurait pu prendre le fugitif.

