Viktor Bout, 43 ans, qui comparaissait devant la juge Shira Scheindlin, risque au maximum une peine d'emprisonnement à vie et au minimum une peine de 25 ans s'il est reconnu coupable. La juge Scheindlin a ordonné son maintien en détention dans une prison de haute sécurité jusqu'à une audience fixée au 10 janvier.
L'ancien pilote de l'armée soviétique surnommé « le marchand de mort » a réclamé mercredi un avocat commis d'office, indiquant dans des documents judiciaires ne pas avoir de revenus. « Viktor Bout a été inculpé aux États-Unis, mais les activités de trafic d'armes dont il est soupçonné ainsi que le soutien aux conflits armés en Afrique ont préoccupé le monde entier. Son extradition est une victoire pour l'État de droit dans le monde entier », a indiqué dans un communiqué le ministre américain de la Justice, Eric Holder.
Le président colombien Juan Manuel Santos a déclaré à la presse à Bogota que Bout devait « payer ». L'homme avait été arrêté à Bangkok en 2008 après avoir rencontré des agents américains qui s'étaient fait passer pour des responsables de la guérilla colombienne des FARC.
Viktor Bout a été l'objet d'une procédure illégale et il est la victime d'un jeu diplomatique entre Russie et États-Unis, a protesté mercredi sa femme dans un entretien avec l'AFP. Son mari a été escorté à l'aéroport de Bangkok mardi, sous surveillance de commandos de la police et de tireurs embusqués. « L'opération devait être menée rapidement car il y avait la possibilité d'une embuscade et d'un assassinat en route », a expliqué à l'AFP le colonel Supisarn Bhakdinarunart, commandant de la Division de la suppression du crime en Thaïlande.
La Russie a vivement réagi à cette décision. L'extradition de Bout constitue une « extrême injustice » et la Russie « continuera de le soutenir par tous les moyens », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Il n'y a aucun doute que l'extradition illégale de V.A. Bout résulte des pressions politiques sans précédent des États-Unis sur le gouvernement et les autorités judiciaires de Thaïlande », a-t-il estimé dans un communiqué. La colère de Moscou illustre, selon des analystes, ses craintes de voir certains secrets tomber entre les mains de Washington, en pleine relance des relations bilatérales. Cependant, le conseiller diplomatique du Kremlin, Sergueï Prikhodko, a affirmé hier que son pays « n'a pas de secrets militaires à cacher ».
L'ancien pilote est accusé d'avoir utilisé une flotte d'avions cargos pour transporter des armes en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Ayant utilisé au moins sept pseudonymes dans sa carrière, et parlant six langues, il est considéré par certains comme un ex-membre du renseignement militaire soviétique.


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