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Liban - Crime

Omar Bakri défie allègrement la justice

Condamné par contumace à la prison à vie par le tribunal militaire pour « incitation au meurtre », l'islamiste Omar Bakri a assuré, de son domicile tripolitain, qu'il ne croit « ni en la justice britannique ni en celle du Liban », affirmant qu'il dispose « de quinze jours pour faire appel ».

Omar Bakri tranquillement pendu à son téléphone à son domicile à Tripoli. Omar Ibrahim/Reuters

Le tribunal militaire a condamné jeudi soir à la réclusion à perpétuité le dirigeant fondamentaliste Omar Bakri Mohamed, interdit de séjour en Grande-Bretagne, ainsi que 22 autres personnes, pour avoir perpétré des « actes terroristes » au Liban, indique notre chroniqueuse judiciaire, Claudette Sarkis.
Omar Bakri, 50 ans, a été jugé coupable d'incitation au meurtre, vol, possession d'armes et d'explosifs. Le verdict, affiché sur la porte du ministère libanais de la Justice, précise que Bakri et 22 autres extrémistes sunnites ont été « condamnés à la prison à vie par contumace (...) pour appartenance à un groupe armé dans l'intention de commettre des crimes et d'affaiblir l'autorité de l'État ».
Cette affaire avait été ouverte après plusieurs semaines d'affrontements entre l'armée et le groupe islamiste Fateh el-Islam, inspiré d'el-Qaëda, dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared.
Bakri figure parmi un groupe de 47 personnes, Palestiniens et Saoudiens, qui ont été condamnées pour « incitation au meurtre », à des peines allant de trois mois d'emprisonnement à la réclusion à perpétuité. Les autres accusés, dont certains étaient présents à l'audience, ont écopé de peines de prison allant de trois mois à sept ans.
Ceux qui écopent d'une peine à perpétuité ont été condamnés par contumace et ont le droit de faire appel du verdict, mais ils ont pour cela obligation de comparaître devant le tribunal.
« Ils appartenaient à un groupe armé dont l'objectif était de tuer et de commettre des sabotages. Ils ont également aidé des terroristes, leur ont donné des armes pour tuer des civils et des militaires », a-t-on ajouté de source judiciaire.
Bakri, qui vivait naguère à Londres, s'est fait connaître en parlant des « 19 magnifiques » à propos des pirates de l'air responsables des attentats du 11 septembre 2001.
Le prédicateur islamiste a déclaré hier à l'AFP qu'il ne « passerait pas un jour en prison ». « Je ne vais me présenter à aucun tribunal. Je ne crois pas dans la loi en Grande-Bretagne ni au Liban », a-t-il dit à l'AFP à son domicile, à Tripoli. Le prédicateur, qui affirme ne reconnaître que les tribunaux religieux, a affirmé qu'il « n'a pas été notifié du verdict ».
« J'ai 15 jours pour faire appel », a ajouté Bakri, clamant son innocence et affirmant qu'il « ne passerait pas un jour en prison ».
Il n'était pas clair vendredi si Omar Bakri serait arrêté ni quand. Interrogée par L'Orient-Le Jour, une source du tribunal militaire a indiqué qu'« il revient en principe aux forces de l'ordre de l'arrêter », soulignant cependant « ne pas avoir le dossier sous les yeux ». Une source informée au sein des FSI a affirmé n'être pas au courant de cette affaire ni d'un mandat d'arrêt émis à l'encontre de l'islamiste. Interrogé à son tour, un responsable militaire a avancé la même réponse, soulignant avoir simplement entendu parler de ce cas par le biais de la presse. « Je ne suis pas au courant de cette affaire », a-t-il dit, en conseillant à L'Orient-Le Jour de contacter le tribunal militaire !
Originaire de Syrie mais détenteur d'un passeport libanais, ce religieux est depuis 2005 interdit de séjour en Grande-Bretagne où il a vécu et prêché pendant une vingtaine d'années.
Le prédicateur, de son nom complet Omar Fostoq Bakri Mohammad, s'était installé en Grande-Bretagne en 1986, où il était devenu une figure de proue des milieux islamistes à Londres, jusqu'au tour de vis donné par les autorités britanniques après les attentats du 7 juillet 2005 qui avaient fait 56 morts et 700 blessés. Celles-ci avaient profité de l'absence de Bakri, parti au Liban pendant l'été, pour le priver de son droit de séjour en Grande-Bretagne. Il avait prédit les attentats de Londres, selon certains médias, et avait affirmé que l'ancien Premier ministre John Major et l'ancien président russe Vladimir Poutine étaient des « cibles légitimes ».
Dans ses déclarations à l'AFP, il a nié vendredi tout lien avec el-Qaëda. « Je n'ai pas de relations avec el-Qaëda, directes ou indirectes, à part que je crois en la même idéologie », a dit le prédicateur, dans sa maison du quartier populaire d'Abou Samra.
À son arrivée au Liban en 2005, Omar Bakri - qui a deux épouses et qui est père de sept enfants - avait été détenu mais libéré le lendemain. Aucune accusation n'avait été portée contre lui.
Né en 1960 au sein d'une famille aisée de Syrie, Omar Bakri est devenu membre des Frères musulmans à l'adolescence.
En 1983, il a fondé sa propre formation, al-Mouhadjiroun (les Émigrés), à Djeddah, d'où il fut expulsé trois ans plus tard.
Al-Mouhadjiroun a été officiellement dissoute en octobre 2004.
Le tribunal militaire a condamné jeudi soir à la réclusion à perpétuité le dirigeant fondamentaliste Omar Bakri Mohamed, interdit de séjour en Grande-Bretagne, ainsi que 22 autres personnes, pour avoir perpétré des « actes terroristes » au Liban, indique notre chroniqueuse judiciaire, Claudette Sarkis. Omar Bakri, 50 ans, a été jugé coupable d'incitation au meurtre, vol, possession d'armes et d'explosifs. Le verdict, affiché sur la porte du ministère libanais de la Justice, précise que Bakri et 22 autres extrémistes sunnites ont été « condamnés à la prison à vie par contumace (...) pour appartenance à un groupe armé dans l'intention de commettre...
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