"Si les Etats-Unis n'arrivent pas à imposer à Israël l'arrêt de la colonisation au cours de l'actuel mois, le prochain pas pour nous serait de demander aux Etats-Unis la reconnaissance de l'Etat de la Palestine dans ses frontières de 1967" a affirmé à l'AFP le négociateur palestinien en marge d'un débat sur le Proche-Orient intitulé "quelles initiatives pour relancer le processus de paix".
"S'ils n'arrivent pas à le faire (l'arrêt de l'implantation des colonies) nous, en tant que Palestine membre observateur à l'ONU, irions (également) devant le Conseil de sécurité pour déposer une demande d'adhésion de l'Etat palestinien dans ses frontières de 1967", a-t-il précisé.
Le responsable palestinien s'exprimait lors de la 3e édition du forum international MEDays 2010 initié par l'institut Amadeus, un "think tank" marocain, jusqu'au 13 novembre.
Le député travailliste israélien Daniel Ben Simon, le parlementaire américain Keith Ellison, ainsi que Marc Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI et Marc Otte, représentant spécial de l'Union européenne pour le processus de paix au Moyen-Orient ont également participé au forum.
L'Initiative arabe "paix contre territoires" a été évoquée comme un "important moyen pour parvenir à la paix entre Israéliens et Palestiniens".
Le négociateur palestinien a également lancé un "appel depuis Tanger" au président américain Barack Obama et à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton: "Vous nous avez dit que vous allez faire endosser la responsabilité à la partie qui brise la confiance en prenant des mesures qui détruisent le processus de paix".
"Le gouvernement israélien est responsable maintenant de la destruction des négociations" en annonçant de nouvelles "unités de colonisation" notamment à Jérusalem-est. "Je demande au gouvernement américain de faire endosser la responsabilité de la destruction des négociations (...) au gouvernement israélien", a-t-il dit.
S'adressant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, M Erakat a affirmé que ce dernier est "en face de deux choix, la paix ou la colonisation". "Vous ne devez pas regrouper les deux choses", a-t-il affirmé.
A propos du mouvement islamiste Hamas qui contrôle la bande de Gaza, il a souligné que l'Autorité palestinienne "déploie tout effort possible" pour réunifier les rangs palestiniens. "Nous allons poursuivre le dialogue", a-t-il ajouté.
Les pourparlers de paix sont interrompus depuis l'expiration le 26 septembre d'un moratoire de dix mois sur les nouvelles constructions dans les colonies de Cisjordanie occupée. Le gouvernement israélien refuse jusqu'à présent un nouveau moratoire.
Le ministre des Affaires étrangères marocain a indiqué pour sa part à l'AFP que la Ligue arabe se réunira fin novembre avec l'hypothèse d'examiner, en cas d'impasse "d'autres options pour atteindre l'objectif", celui de "l'institution d'un Etat palestinien".


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