M. Farid Makari, vice-président de la Chambre, s'est dit « habitué » à « la bruyante arrogance » du camp auquel appartient M. Nahas, assurant cependant que leurs cris « ne nous effrayent pas ».
Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hassan Mneimné, a quant à lui estimé que les accusations proférées par M. Nahas contre le camp du 14 Mars « ne sont pas dignes d'une réponse », estimant que les Libanais « se sont lassés » de tels propos.
Le député Hadi Hobeiche a, quant à lui, jugé que ces accusations sont « extrêmement dangereuses » et les a assimilées à des « menaces directes ».
Mais la réaction la plus violente a été celle du député Okab Sakr du Bloc Liban d'abord, qui s'est attiré les foudres de ses collègues Simon Abi Ramia et Hikmat Dib. M. Sakr a affirmé avoir trouvé « terriblement arrogant » de la part du ministre Nahas d'accuser de « traîtrise » tout un bloc parlementaire, présidé par M. Saad Hariri, lui reprochant de « faire des transferts sur les autres de sa propre conviction et de celle de son propre camp ». Rappelant l'affaire du général Fayez Karam, incarcéré à la prison de Roumieh pour collaboration avec Israël, M. Sakr a estimé « probable l'échange d'informations avec ses collègues du Courant patriotique libre, sur la manière de recevoir des ordres d'Israël ».
Il a aussi assuré que passer sous silence « la corruption » de ceux qui « se font passer » pour des réformateurs est « un crime impardonnable », évoquant le scandale connu sous le nom de « Clémentine », dans lequel sont notamment impliqués « Gebran Bassil et son épouse ».
Réagissant violemment à ces propos, M. Simon Abi Ramia a accusé son collègue de « survivre grâce aux miettes des chancelleries occidentales », estimant que « ceux qui vivent sous les pieds de caporaux des services de renseignements locaux et étrangers ne peuvent pas s'élever pour comprendre la liberté des grands généraux, notamment le général Michel Aoun ». Il l'a accusé en substance d'avoir « dévoilé sa collaboration avec l'ennemi israélien lorsqu'il était parti en guerre contre la Résistance, qui a sauvé la dignité libanaise ».
Tout aussi virulent, M. Hikmat Dib a accusé son collègue d'avoir « réussi à se frayer un chemin vers le Parlement grâce à la corruption et à l'exploitation du sang de Rafic Hariri et grâce au soutien qu'il a pu avoir grâce à sa collaboration avec des services de renseignements locaux et internationaux ». Selon lui, ce sont ces conditions « qui ont favorisé sa débauche politique et son arrogance ».

