« Cette insistance, qui reflète l'absence d'un sens minimal des responsabilités dans le cadre d'un gouvernement de coalition et qui est loin de toute logique saine, n'aboutirait, à supposer qu'elle réussisse, qu'à faire du Liban un État qui faillit à ses obligations, mais sans influer le moins du monde sur la marche de la justice internationale », ajoute le communiqué.
« Le refus du 14 Mars de tout compromis au sujet du TSL n'exprime pas seulement son attachement à la justice, mais aussi et surtout son souci de veiller sur l'État libanais et sur les constantes du mouvement indépendantiste. À cette fin, le 14 Mars n'épargnera aucun effort et aucun sacrifice pour demeurer fidèle à ses engagements contractés auprès des Libanais », souligne le texte.
Commentant les assises chrétiennes de Bkerké, le secrétariat général estime que « cette grande instance » qu'est le patriarcat maronite « a démontré une fois de plus qu'elle est une référence constante dans la vie nationale libanaise. En accueillant une rencontre des leaders chrétiens indépendantistes et en bénissant leur appel pour le Liban, le patriarche Nasrallah Sfeir poursuit son œuvre de témoignage en faveur du Liban-message ».
« Le secrétariat général, qui s'est donné pour tâche depuis le commencement de consolider le partenariat islamo-chrétien dans le cadre de la révolution du Cèdre et conformément au "Serment de Gebran", considère l'appel issu de la rencontre de Bkerké comme l'un des documents fondamentaux du mouvement indépendantiste. ».
Le communiqué évoque par ailleurs « les remises en question » de l'accord de Taëf et de la formule libanaise « tantôt à travers la consécration de pratiques contraires à l'esprit de la Constitution et de l'accord de Taëf et tantôt sous le prétexte du besoin d'amender le contrat social entre les Libanais ». « Il avait déjà été question de modifier Taëf dans le sens de la formule des trois tiers au lieu de la parité islamo-chrétienne et cela avait été rejeté à l'époque par les forces indépendantistes qui avaient vu dans cette orientation un projet destiné à frapper la formule de coexistence », note le texte.
« Les forces du 14 Mars affirment, aujourd'hui plus que jamais, leur attachement à la parité islamo-chrétienne, celle-ci étant la principale garante du maintien de la coexistence à l'ombre des conflits intérieurs et régionaux. Elles rejettent toute tentative de soumettre la formule de coexistence libanaise à des rapports de force modifiables par la force des armes et dépendant de calculs politiques et partisans », conclut le communiqué.
Interrogé à la suite de la réunion sur les critiques adressées à l'appel issu de la rencontre de Bkerké, l'un des membres du secrétariat général, Naoufal Daou, a déclaré : « Ce n'est pas l'appel de Bkerké qui a fait peur aux Libanais, c'est la menace brandie d'un nouveau 7 mai et c'est l'invitation faite par le général Michel Aoun à Hassan Nasrallah à renverser les rapports de force par le recours aux armes. »
M. Daou a par ailleurs qualifié de « honteux » les propos tenus mardi par le général Aoun appelant à « exhumer les morts pour les juger ».

