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Moyen Orient et Monde - Analyse

La chute du gouvernement Berlusconi de plus en plus probable

« Rupture irréversible », « crise gouvernementale annoncée », « conflit dur et violent » : l'Italie s'achemine de plus en plus vers la chute de l'actuel gouvernement Berlusconi, après le défi lancé la veille par son ancien allié Gianfranco Fini, estimaient hier les experts. Si, comme la plupart des observateurs le prévoient, le Cavaliere, 74 ans - qui n'a officiellement pas encore réagi -, ne cède pas à « l'ultimatum » de son rival, les quatre ministres finiens démissionneront d'eux-mêmes, a prévenu le président de la Chambre.
Le président de la Chambre des députés, en crise ouverte avec Silvio Berlusconi depuis l'été dernier, avait créé la surprise dimanche en réclamant sa démission, une initiative inédite, voire « anormale » selon certains analystes. La fin du gouvernement ouvrirait la voie à plusieurs scénarios : un gouvernement « Berlusconi bis », un autre gouvernement de centre-droit qui ne serait pas conduit par le Cavaliere, ou des élections anticipées.
« Il y aura certainement une crise gouvernementale, car en cas de départ des ministres proches de Fini, il n'est pas possible de les remplacer par d'autres responsables comme si de rien n'était », prédit pour l'AFP Franco Pavoncello, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Rome John Cabot. « Il y aura soit un nouveau gouvernement Berlusconi, soit des élections anticipées, mais je pense que ce gouvernement ne pourra pas arriver à son terme naturel de 2013 », ajoute-t-il.
« Une saison politique qui a duré plus de quinze ans est en train de s'achever dramatiquement », renchérit le Corriere della sera. L'arrivée au pouvoir de Silvio Berlusconi remonte à 1994. L'homme d'affaires et magnat des médias a été chef du gouvernement en 1994-1995, 2001-2006 et depuis mai 2008. Pour l'éditorialiste, « la rupture est irréversible ».
Même écho dans le quotidien de gauche La Repubblica qui prédit « une fin imminente » de l'actuel gouvernement et salue « le courage politique » de Fini, qui a osé imaginer un centre-droit « sans Berlusconi comme leader incontesté et charismatique ». Un courage d'autant plus remarquable que « Fini n'a pas un vrai électorat, il recueille davantage d'opinions favorables que d'intention de vote, car une bonne partie de sa popularité provient d'électeurs du centre-gauche qui ne voteront pas pour lui », relève Marco Tarchi, professeur de sciences politiques à l'université de Florence, interrogé par l'AFP. Pour lui, « un défi électoral entre Berlusconi et Fini s'achèverait par un désastre pour ce dernier ».
La période n'est cependant pas non plus très propice pour le président du Conseil, affaibli par une nouvelle vague de scandales sexuels, et sous le feu des critiques du patronat qui lui reprochent la paralysie du gouvernement face à la fragilité de la croissance économique. « Nous assistons à l'avant-dernier acte d'un psychodrame toujours plus incompréhensible pour le citoyen normal », résume Stefano Folli, du Sole 24 ore. Pour lui, « les élections anticipées s'approchent de plus en plus, mais personne, même pas Fini, n'a la volonté, ni le courage de prononcer, à visage découvert, le dernier mot ». Selon Folli, l'unique certitude est « l'usure inexorable d'un centre-droit qui a gagné les élections il y a deux ans et a très rapidement déçu toutes les attentes » et « il est clair qu'on ne pourrait pas continuer comme ça encore longtemps ».

« Rupture irréversible », « crise gouvernementale annoncée », « conflit dur et violent » : l'Italie s'achemine de plus en plus vers la chute de l'actuel gouvernement Berlusconi, après le défi lancé la veille par son ancien allié Gianfranco Fini, estimaient hier les experts. Si, comme la plupart des observateurs le prévoient, le Cavaliere, 74 ans - qui n'a officiellement pas encore réagi -, ne cède pas à « l'ultimatum » de son rival, les quatre ministres finiens démissionneront d'eux-mêmes, a prévenu le président de la Chambre.Le président de la Chambre des députés, en crise ouverte avec Silvio Berlusconi depuis l'été...
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