Matisse a réalisé ses dessins à partir de masques originaux ou de photographies d'explorateurs.
La plupart de ces oeuvres ont été réalisées pour illustrer un essai intitulé "Une fête en Cimmérie", une promenade épique écrite par Georges Duthuit, gendre de Matisse, après un séjour à New York dans les années 1940 où il s'est passionné pour les masques Inuits découverts au musée d'histoire naturelle.
Ni Matisse, ni son gendre n'ont directement rencontré les Inuits. Le peintre a réalisé ses dessins à partir de masques originaux ou de photographies d'explorateurs, également exposés au Cateau-Cambrésis.
Une photographie de femme inuit chaudement vêtue donne ainsi lieu à toute une série de gravures, où on la voit tour à tour souriante, rieuse ou au regard interrogateur. La plupart du temps, le peintre procède en quelques coups de crayons, cherchant à transmettre son émotion avec un minimum de moyens.
Dessiner un portrait, pour Matisse, c'était "dépasser la réalité, ce qu'on voit d'abord, pour entrer dans la personnalité, saisir l'âme, l'esprit de la personne, explique Dominique Szymusiak, conservatrice en chef du musée. Or, un masque servait à ça, à faire passer les esprits du monde mystique au monde réel".
Le peintre, qui "aimait la poésie, l'union entre un texte et l'illustration" a illustré durant son existence de nombreux livres, notamment des recueils de poèmes de Mallarmé ou de Ronsard, rappelle Dominique Szymusiak.


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